J’aime pas les filles

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Je ne suis habituellement pas un grand lecteur de littérature jeunesse, hormis quelques romans de Christophe Honoré, mais celui-ci avait attiré mon attention lorsque j’avais lu la critique flatteuse qu’en faisait un de mes contacts sur Goodreads.

Le résumé est assez classique :

Raoul est un garçon qui se sent un peu différent : sa maman est morte quand il avait quatre ans et il est le seul métis de son école. Une école où on apprend la musique. À part ça, Raoul aime plein de choses, ses copains, le foot, les glaces… mais pas les devoirs, et surtout pas les filles. Être amoureux ? Beurk ! Tout le contraire de son copain Rito qui, lui, est un vrai cœur d’artichaut. Raoul a beau être doué au piano, s’il continue à être indiscipliné et à collectionner les mauvaises notes en classe, il ne pourra jamais intégrer le Conservatoire. Heureusement, Laurent, un jeune professeur haut en couleurs le prend sous son aile et l’encourage. Avec lui, même les gammes deviennent amusantes. Et l’aide inattendue de Clémence qui, pour une fille, est plutôt sympa, va le transcender. Au piano, Raoul se dévoile et enchante le monde.

Il n’y a pas vraiment de surprise dans le récit, tout se passe globalement comme on peut l’imaginer dès le début, mais l’intérêt du livre n’est pas vraiment là. Je ne connais pas suffisamment la littérature jeunesse pour savoir si cela le distingue des romans habituels pour enfants et pré-adolescents, mais j’ai beaucoup aimé le ton très humoristique employé par le narrateur, Raoul. Il porte un regard caustique sur ceux qui l’entourent, avec parfois un brin de tendresse. J’ai aussi aimé les passages sur la relation de Raoul avec son père, et sur son rapport à sa mère disparue dont il ne garde aucun souvenir, celle-ci étant décédée quand il n’avait que quatre ans.

J’aime pas les filles est un roman court que j’ai  quasiment dévoré le temps du trajet en tramway de mon bureau à chez moi, il ne me restait plus qu’un petit quart d’heure de lecture avant de dormir pour l’achever. J’ai bien aimé, c’était drôle, charmant. Je ne pense pas que je pourrais lire uniquement ce genre de romans, mais c’est une parenthèse bienvenue et agréable après avoir lu les longs pavés de Brian Herbert et Kevin J. Anderson que constituent les préquelles de Dune.


J’aime pas les filles, Mariannick Bellot

Note : ★★★☆☆


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Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York)

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York en VF) est une comédie romantique américaine. Une fois qu’on a dit cela, on a à la fois tout dit et rien dit sur ce film.

Réalisé par l’américain Peter Sollett, le film est sorti sur nos écrans en 2008. Le scénario de Lorene Scafaria est inspiré d’un roman de Rachel Cohn et David Levithan et ne brille pas forcément par son originalité :

Nick, qui est membre d’un obscur groupe de rock indépendant, vient de vivre une rupture difficile. De son côté, Norah a du mal à donner un sens à sa vie et à sa relation épisodique avec un musicien trop égoïste.
Les deux jeunes gens n’ont rien en commun, sauf leurs goûts musicaux. Leur rencontre fortuite va les entraîner toute une nuit à New-York vers le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré. Au cours de cette nuit de surprises et d’aventures, ils vont découvrir qu’ils ont peut-être plus en commun que leur seul amour de la musique …

J’ai beau avoir de goûts parfois étranges, je ne suis habituellement pas « client » de ce genre de films. Que suis-je donc allé faire dans cette galère ? La réponse tient en deux mots, plus précisément en un prénom et un nom : Michael Cera. Un jour, j’ai cherché les films dans lesquels il a joué et je suis tombé sur celui-ci. Je l’ai acheté sur l’iTunes Stores, en VF parce que c’était la seule version disponible. Je l’ai regardé hier soir, profitant d’une soirée en célibataire pour éviter d’infliger cela à mon cher et tendre.

Outre Michael Cera, le reste du casting est sympathique :

  • Kat Dennings incarne Norah pour compléter le couple qui donne le titre au film
  • Ari Graynor interprète Caroline, la meilleure amie de Norah
  • Alexis Dziena joue le rôle de Tris, l’ex-petite amie, un peu peste sur les bords, de Nick
  • Aaron Yoo et le très charmant Rafi Gravon incarnent Tom et Dev, les deux amis gays de Nick

Le film se laisse regarder. L’histoire est banale. Sans surprise, Nick tire un trait sur sa relation avec la méchante Tris et entame une nouvelle relation avec la gentille Norah. Tout cela n’a pas grand intérêt. Ce n’est pas mauvais, c’est juste sans grande saveur.

Mais il y a Michael Cera. Je suis fan de ce jeune acteur canadien. Je le trouve charmant, talentueux, et drôle (il suffit de regarder quelques vidéos d’émissions TV que j’ai postées récemment sur Facebook pour s’en rendre compte). C’est un peu incompréhensible, mais je craque totalement pour lui. Il a un don incroyable pour incarner des garçons un peu maladroits, paumés mais touchants. Certains lui reprochent justement d’interpréter presque toujours le même rôle et c’est vrai que la différence est mince entre le personnage de Nick dans ce film et celui de Scott Pilgrim par exemple. Qu’importe, il le fait très bien. S’il fallait ne garder qu’une seule chose de ce film, ce sont ses petits sourires timides. Juste pour ça, je le regarderais encore une fois.

Pour le reste, c’est une amourette divertissante. A déconseiller à ceux qui sont insensibles au charme de Michael Cera, tout de même.


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Peur de l’échec

Quelques extraits des paroles de cette superbe chanson d’Orelsan.

Tous les jours je fais l’acteur, je fais semblant

Je maquille la peur en plaisantant

Je perds mon temps à me poser des questions au lieu d’agir

J’ai peur de la dépression, j’ai peur de l’avenir et ses déceptions

Plus je grandis, plus le temps passe et plus je suis déçu

Sous l’emprise de l’angoisse des futurs blessures

Plus je me cherche des excuses, plus je m’enlise

Je m’enivre de négativité, et je me sens vivre

Souvent, j’ai peur de l’ennui

J’ai peur d’avoir aucune raison de me plaindre

Pourtant je me sens triste tout le temps, je me sens vide

J’ai peur d’être normal, d’être moyen, ni trop mal ni trop bien

Je crois que je sers à rien …

J’ai peur de mes proches parce qu’ils connaissent mes faiblesses

Mes talons d’Achille, ils savent à quel point mes fondations sont fragiles

Ils me font confiance pour l’instant mais quand je les décevrais, ils seront près de moi, prêt à frapper les premiers

J’ai peur que mes parents me détestent

Depuis que j’ai treize ans je régresse, je les blesse, je les stresse

Je délaisse ce qu’ils m’ont appris pour faire que de la merde

Comme si je valais mieux que mon père, comme si je valais mieux que ma mère

J’ai peur d’être attiré par le néant

Je me sens tellement bien dans la noirceur, je me sens dans mon élément

J’ai comme envie de sauter dans le vide

De me passer la corde au cou, de me noyer

De m’entailler les veines du coude au poignet

J’ai comme envie de me mettre une balle dans le crâne

Mais j’ai pas de flingue

Regarde moi dans les yeux, tu comprendras que je suis qu’une baltringue

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Drôle d’année

Je disais récemment que j’étais impatient que l’année 2010 prenne fin, que cela avait été une drôle d’année. Je n’aime habituellement pas les bilans de fin d’année, sorte d’exercice imposé d’auto-congratulation et/ou auto-flagellation sur les douze mois passés et de promesses vite rompues pour l’année qui commence. 2010 a pourtant été suffisamment différente pour que je me permette de revenir brièvement dessus.

2010 a été une année contrastée, bien plus encore que les précédentes. L’année a très mal commencé, avec une longue et grosse période de déprime qui m’a posé pas mal de soucis dans le cadre professionnel – à moins que ce ne soit l’inverse. J’ai encore beaucoup de mal à en parler, sûrement parce que je me sens toujours honteux d’avoir connu cette faiblesse, d’avoir baissé les bras devant des obstacles qui m’ont fait trop peur. Ce n’est pas facile d’atteindre ses limites et de l’admettre. Après plusieurs années de réussite, j’ai connu un vrai coup d’arrêt. J’ai déjà expliqué ici pourquoi je me mets une telle pression pour réussir, pour faire aussi bien – ou mieux – que les autres. Cette année, la pression était trop forte : j’ai chuté , violemment, douloureusement.

Se relever n’a pas été facile. J’ai été soutenu : par mes proches, par les collègues auxquels j’ai pu en parler, par ma hiérarchie qui a su m’écouter et m’aider à repartir de l’avant. Le deuxième semestre s’est nettement mieux passé. La confiance revient, progressivement. Les résultats sont là, cela aide. Tout n’est pas rose bien sûr, j’ai de toute façon appris à connaitre mes limites, mais je suis plus serein. Cet épisode douloureux m’a au moins servi, j’ai appris à relativiser, à être moins exigent vis-à-vis de moi-même, à voir les réussites et les progrès pour ce qu’ils sont : un pas de plus dans la bonne direction, une étape de plus.

Tous ces progrès, je les ai également fait sur un plan plus personnel. J’ai su surmonter ma timidité pour faire des rencontres sympathiques ; je sors peu à peu de ma coquille, même si le chemin est encore long. Je ne citerai pas ici ceux avec qui j’ai passé d’agréables moments cette année, ils se reconnaitront facilement.

2010, c’est aussi, en vrac :

Des restaurants en amoureux ou entre amis,

Des brunchs,

Des cafés, des bars,

Des soirées (trop rares) au Tango.

Des concerts :

Depeche Mode à Bercy, Oldelaf & Monsieur D à l’Olympia,

Les Cowboys Fringants au Casino de Paris, l’inoubliable Dorothée à l’Olympia,

Beat Assailant, LCD Sound System et les Scissor Sisters au Bataclan,

Les Fatals Picards à l’Alhambra.

Des films vus au cinéma  ou (re-)découverts en DVD :

Nés en 68, Une petite zone de turbulences,

ComplicesLe Refuge,

Were the World Mine, J’ai tué ma mère,

A Single Man500 jours ensemble,

5×2Dragons, Toy Story 3,

Les amours imaginaires, Scott Pilgrim vs. the World,

et bien sûr la première partie d’Harry Potter et les reliques de la mort

Des livres lus ou relus :

Surveillant de David von Grafenberg, Deux sans barreur de Dirk Kurbjuweit,

Ma deuxième peau d’Erwin Mortier, Les jours fragiles de Philippe Besson,

La chambre d’ami d’Yves Dangerfield, L’empire de la morale de Christophe Donner,

Se résoudre aux adieux de Philippe Besson, Hero de Perry Moore,

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, A mon coeur défendant de Thibaut de Saint Pol,

Le journal intime de Benjamin Lorca d’Arnaud Cathrine, Une voix dans la nuit d’Armistead Maupin,

Un ange est passé de Frank Ronan, Un jour cette douleur te servira de Peter Cameron,

Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon,

L’origine de la violence de Fabrice Humbert.

L’année 2011 commence aujourd’hui. Je ne prends qu’une seule résolution : tout faire pour me libérer un peu plus.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une très heureux année ! A bientôt, ici ou ailleurs.

Saisir sa chance

Saisir sa chance

Après avoir perdu hier une veste, mon portefeuille et tout son contenu (carte bleue et carte d’identité, surtout) et passé une bonne partie de la matinée à faire les démarches pour refaire mes papiers, j’avais besoin d’un peu de détente cet après-midi. Mon choix s’est porté sur Saisir sa chance, un film dont je viens de recevoir le DVD.

Il s’agit d’un film gay sans prétention, sans doute sorti directement en DVD, un peu dans le même esprit que Un Noël très très gay dont j’avais déjà parlé il y a quelques mois. L’histoire n’est pas forcément très originale :

Chance n’est pas un garçon comme les autres. Il est gay, extraverti, s’habille de façon décalée et sait se faire remarquer ! Fraîchement débarqué dans son nouveau lycée, il va être pris pour cible par les garçons de l’équipe de football. Mais l’un d’entre eux, le mystérieux et séduisant Levi va prendre sa défense et tenter de devenir son ami malgré la pression du reste de l’équipe. Chance n’aura alors qu’un but, saisir sa chance et conquérir le coeur du beau Levi …

L’originalité n’est donc pas le point fort de ce film, ni pour l’intrigue ni pour les personnages, très stéréotypés : l’adolescent excentrique et gay assumé, le footballeur au grand coeur, la brute homophobe, le puceau timide, la bonne copine.

Par contre, comme souvent dans ce genre de films, c’est rempli de bons sentiments (qui a parlé de guimauve ?). Les garçons, évidemment, sont très mignons : Tad Hilgenbrinck (Chance) et Brett Chuckerman (Levi) sont vraiment charmants, dans deux styles différents. Personnellement, j’ai un faible pour Brett Chuckerman, absolument craquant malgré une musculature dont je ne suis habituellement pas fan.

Dans l’ensemble, c’est un film sympathique, plutôt divertissant et agréable pour les yeux ;-)