Le tsar de l’amour et de la techno

34197738

Je ne connaissais pas du tout Anthony Marra, l’auteur de ce roman dont le résumé m’a intrigué :

Commençant dans les tunnels sous Leningrad pour se conclure dans les confins du système solaire, le Tsar de l’Amour et de la Techno parcourt un siècle d’Histoire, tout un continent, et dépeint une galerie de personnages dont le destin est lié par un obscur tableau du XIXe siècle.

Dans les années 1930, un peintre inconnu est enrôlé par la censure soviétique pour effacer les dissidents figurant sur les images officielles et les œuvres d’art – dont son frère. Quand arrive sur son bureau un ancien tableau représentant une datcha sur une colline, il commence à peindre son frère sur toutes les images qu’il doit falsifier. Cette décision a des répercussions pendant des décennies, influant sur les vies de nombreuses personnes : une ballerine du Kirov et sa petite fille ; une restauratrice de tableau aveugle ; un ancien trafiquant de drogue ; un veuf qui a vu, pour la dernière fois, sa femme et son fils dans cette datcha ; un soldat prisonnier dans le puits derrière la maison, qui a dans sa poche une cassette contenant les derniers messages que lui ont adressé sa famille.

J’ai été rapidement tenté par ce livre dont le résumé proposait de parcourir un siècle d’Histoire de la Russie à travers des personnages dont on a du mal à voir le lien qui les pourra les unir dans le récit.

Le début m’a tout de suite plu : on plonge directement dans la Russie des années 1930, où un peintre sans gloire devient l’instrument de la censure soviétique en effaçant les visages des ennemis du pouvoir central sur les photos officielles et sur les peintures. Lorsque son propre frère devient la cible de cette censure, il décide de résister à sa façon en peignant le visage de son frère sur toutes les oeuvres qu’il doit ensuite censurer. Ces signes invisibles de résistance parcourent ensuite le siècle, et ce qui nous amène aux événements plus récents du roman.

La particularité du roman est en effet de parcourir l’Union Soviétique et la Fédération de Russie dans le temps et dans l’espace, de la Sibérie jusqu’à la Tchétchénie, des années 1930 jusqu’à la période contemporaine, en passant par la chute de l’URSS au début des années 1990, ou les années 2000 et la guerre de Poutine en Tchétchénie.

Ce parcours n’est pas toujours facile à suivre ; j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver parmi les personnages, découvrant tardivement les liens entre eux ou l’identité commune de certains personnages qui ne sont pas toujours nommés dans le récit. C’est peut-être à cause de cela que le milieu du roman m’a semblé confus et moins intéressant que le début.

Quant à la fin, elle m’a beaucoup plu. J’ai lu les dernières pages avec une certaine émotion et la satisfaction de voir que l’auteur a su fermer la boucle temporelle efficacement et avec style.

Je ne sais pas si je pourrais facilement conseiller ce roman à n’importe quel lecteur. Il faut accepter de s’attaquer à un livre parfois décousu, profondément politique, et qui ne trouve son réel intérêt qu’à la toute fin. Cela ne m’a pas dérangé, car j’ai tenu à achever ma lecture, mais les lecteurs qui ont besoin d’être emporté par un livre du début à la fin risquent d’abandonner en cours de route et d’être déçus. Quoi qu’il en soit, vous êtes prévenus ;-)


Le tsar de l’amour et de la techno, Anthony Marra

Note : ★★★☆☆


Vous voulez m’aider ?

Publicités

Une vie à t’écrire

51d3uldnnol

Une vie à t’écrire est un roman de Julia Montejo, paru en 2015 dans sa version originale en langue espagnole sous le titre Lo que tango que concarte. La traduction française par Catarina Salazar vient d’être publiée aux éditions Les Escales.

Alors que l’auteur(e) m’était totalement inconnue, que la couverture et le titre me laissaient indifférent, le résumé m’a tout de suite intrigué :

Un soir, sur une plage du Pays basque espagnol, un écrivain en mal d’inspiration rencontre Amaia, une jeune femme mystérieuse. Elle est persuadée d’avoir déjà vécu au XVIIe siècle et d’avoir alors traversé les océans pour gagner l’Islande où les Basques partaient chasser la baleine. Au péril de sa vie, à une époque où les femmes n’avaient d’autres choix que l’obéissance et le silence, elle a su conquérir son indépendance et sa liberté. Là-bas, elle a rencontré Erik, son amour éternel, dont le souvenir ne cesse de la hanter. 
Amaia est-elle folle à lier ? C’est ce que commence par croire Asier avant d’être emporté par la force de son histoire. Envoûté, le jeune homme transforme le récit de cette étrange et attirante muse en roman. Le souffle des mots l’habite enfin. 

Est-ce seulement un roman qui s’écrit ou une histoire est-elle en train de naître entre ces deux âmes solitaires ?

Deux éléments dans ce résumé avaient tout pour me plaire : la présence d’un écrivain parmi les personnages principaux, et le lien avec l’Histoire avec ce personnage féminin qui croit avoir déjà vécu au XVIIème siècle. Quand un roman concilie deux de mes passions, l’écriture et l’Histoire, cela peut donner quelque chose de très bon.

Je suis donc entré dans ce roman avec beaucoup d’espoir, et autant dire tout de suite que je n’ai pas été déçu. Malgré un style pas forcément très emballant – mais que j’explique par la difficulté de l’exercice de traduction – j’ai vite été emporté par le récit, ou plutôt par le double récit, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit. D’une part, nous assistons à la rencontre entre Asier, un écrivain qui peine à écrire, et Amaia, une jeune femme perturbée. D’autre part, nous suivons le récit de la prétendue vie antérieure d’Amaia au XVIIème siècle, qui fuit son Pays Basque natal en se cachant sous le costume d’un simple moussaillon dans une expédition de chasse à la baleine dans les mers nordiques.

Les deux récits sont évidemment liés, par l’imagination conjointe de l’écrivain et de la jeune femme soupçonnée d’affabulation, voire de folie. J’ai beaucoup aimé ce travail sur l’imagination, qui peut être à la fois source d’inspiration pour l’écriture de fiction pour l’écrivain et un dangereux puits sans fond dans l’esprit du fou.

Au-delà de ce thème de l’écriture et de l’imagination, il y a également de très beaux passages dans le roman. J’ai ainsi été particulièrement marqué par un chapitre entier relatant sur plusieurs pages la traque d’une baleine par le navire de chasseurs. Ce chapitre m’a semblé aussi horrible pour ce qu’il relate que sublime dans la façon de le raconter. A mes yeux, la littérature, c’est aussi ça : savoir sublimer l’horreur. A ce titre, ce roman est une excellente oeuvre littéraire, que je conseille à tous les amoureux d’écriture, d’Histoire, et d’histoires en général.


Une vie à t’écrire, Julia Montejo

Note : ★★★★☆


Vous voulez m’aider ?

The World at War

The World at War

The World at War est une série documentaire produite par Jeremy Isaacs diffusée par la chaîne britannique ITV entre le 31 octobre 1973 et le 8 mai 1974. Tout au long des 26 épisodes d’environ 50 minutes qui la composent, cette série nous raconte la Seconde Guerre Mondiale à travers une narration du célèbre acteur britannique Laurence Olivier, d’images d’archives et de témoignages d’anonymes et de personnalités connues ayant vécu cette période tragique de l’histoire européenne et mondiale.

La structure de la série est mi-chronologique, mi-thématique. Les épisodes suivent globalement la chronologie de la guerre mais chacun est consacré à un thème ou une zone de combat en particulier. Pour vous faire une idée, voici le titre de chacun des 26 épisodes, chacun étant suffisamment explicite pour comprendre le thème qui y est abordé :

  1. A New Germany (1933-1939)
  2. Distant War (September 1939 – May 1940)
  3. France Falls (September 1939 – June 1940)
  4. Alone (May 1940 – May 1941)
  5. Barbarossa (June – December 1941)
  6. Banzai!: Japan (1931–1942)
  7. On Our Way: U.S.A. (1939–1942)
  8. The Desert: North Africa (1940–1943)
  9. Stalingrad (June 1942 – February 1943)
  10. Wolf Pack: U-Boats in the Atlantic (1939–1944)
  11. Red Star: The Soviet Union (1941–1943)
  12. Whirlwind: Bombing Germany (September 1939 – April 1944)
  13. Tough Old Gut: Italy (November 1942 – June 1944)
  14. It’s A Lovely Day Tomorrow: Burma (1942–1944)
  15. Home Fires: Britain (1940–1944)
  16. Inside the Reich: Germany (1940–1944)
  17. Morning (June – August 1944)
  18. Occupation: Holland (1940–1944)
  19. Pincers (August 1944 – March 1945)
  20. Genocide (1941-1945)
  21. Nemesis: Germany (February – May 1945)
  22. Japan (1941–1945)
  23. Pacific (February 1942 – July 1945)
  24. The Bomb (February – September 1945)
  25. Reckoning (April 1945)
  26. Remember

Ce découpage en 26 épisodes permet d’avoir un panorama très riche et un récit détaillé de la guerre, illustrés par des images d’archives rares (ou en tout cas que je ne me souvenais pas avoir déjà vues) et par des témoignages parfois très forts d’anonymes ou de personnalités connues. Parmi les anonymes, je me souviens encore de cette femme allemande qui regrette encore, trente ans après, de n’avoir pas suffisamment aidé un couple juif qu’elle n’avait pu hébergé que 2 jours, avant qu’ils ne soient arrêtés par les autorités du Reich. Quant aux personnalités connues, je retiens les témoignages d’Albert Speer et Karl Dönitz, deux participants très hauts placés du Troisième Reich, ainsi que Traudl Junge, la secrétaire d’Adolf Hitler, bien avant qu’elle ne témoigne dans le film « La Chute ». Dans tous les cas, il s’agit de témoignages passionnants. Je me suis fait la remarque à plusieurs reprises en regardant cette série que c’était une véritable bénédiction qu’elle ait été réalisée dans les années 1970 pour que nous puissions disposer des témoignages de celles et ceux qui ont vécu la guerre, la plupart ayant depuis disparu. La portée historique de leur témoignage me semble aujourd’hui inestimable.

Avec presque 22 heures d’images, j’ai évidemment appris beaucoup de choses sur la guerre, son déroulement, sur les tactiques et les technologies utilisées (notamment avec les sous-marins et l’aviation), mais aussi sur la vie des civils dans les différents pays pendant la guerre. L’épisode sur l’occupation allemande aux Pays-Bas est particulièrement intéressant et mérite d’être mis en parallèle avec ce que nous savons sur l’occupation allemande en France. La série m’a également permis d’en apprendre plus sur la guerre dans le Pacifique, dont je savais finalement peu de choses tant nos cours d’Histoire au lycée se concentraient sur la guerre en Europe et ne parlaient de celle dans le Pacifique qu’à travers son déclenchement (Pearl Harbour) et son dénouement (la bombe atomique sur Hiroshoma et Nagasaki). De la même façon, j’ai apprécié d’en apprendre plus sur la vie en Allemagne pendant la guerre, dans l’épisode « Inside the Reich : Germany » qui donne la parole à des allemands « plus ou moins résistants » pendant la guerre. Quant à l’inévitable et indispensable épisode sur la Shoah, intitulé « Genocide », il comporte des images parfois difficiles à regarder mais constitue à mes yeux l’un des documentaires les plus réussis et les plus forts sur l’enfer des camps de concentration.

La multitude de témoignages, sans jugement primaire du narrateur, apporte à ce documentaire un point de vue aussi neutre que possible. L’horreur nazie est évidemment condamnée, mais sur un autre plan j’ai apprécié que les commentaires ne soient ni totalement pro-occidentaux, ni angéliques sur la Russie de Staline, ce qui est d’autant plus louable pour un documentaire produit en pleine guerre froide. Les motivations, et les hypocrisies, des Etats-Unis et de l’URSS y sont décrites sans camouflage. Ce recul n’empêche cependant pas la série de rendre hommage aux soldats et aux civils, qui ont traversé la guerre pour défendre les valeurs de la liberté contre les dictatures de l’Axe.

Il ne m’a fallu que trois semaines pour regarder les 26 épisodes de cette série, et j’ai été passionné de bout en bout. C’est certainement la série documentaire de référence sur la Seconde Guerre Mondiale. Tous les épisodes ne se valent pas : certains sont passionnants d’un point de vue historique, d’autres sont très forts humainement ; d’autres, enfin, semblent plus dispensables. Mais l’ensemble est un récit très complet, instructif, éclairant, et émouvant sur cette période tragique. Bien sûr, regarder 26 épisodes de 50 minutes représente un investissement conséquent en temps, mais je crois que cela en vaut vraiment le coup si on est intéressé par l’Histoire.


Vous voulez m’aider ?

Histoire de l’Allemagne, des origines à nos jours

Histoire_de_l_Allemagne_des_origines_a_nos_jours

« Histoire de l’Allemagne, des origines à nos jours » : le titre donne tout de suite le ton ; ce livre est une oeuvre ambitieuse, dont laquelle l’historien française d’origine allemande Joseph Rovan propose de retracer l’histoire de la nation allemande depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, ou plus précisément jusqu’en 1999, date de la publication de ce livre, moins de dix ans après la réunification allemande.

Ce livre est passionnant pour quelqu’un comme moi dont le coeur est à moitié allemand et de surcroit passionné par l’Histoire. Le premier atout de ce livre, c’est que contrairement à bien d’autres livres sur l’Histoire allemande, il ne consacre pas un tiers de ses pages à Bismarck, un autre tiers à Hitler et au Troisième Reich, et le troisième tiers au Mur de Berlin et à la séparation entre la RFA et la RDA. L’ampleur de ce livre est bien plus grande, plus ambitieuse. Pour donner une idée, je peux me contenter de dire que Bismarck n’est évoqué qu’à partir du seizième chapitre, après plus de 500 pages sur les 950 que comptent le livre.

Avant cela, nous avons le droit au récit – passionnant – de la constitution de la nation allemande, à la destinée des premiers empereurs, à la Réforme de Luther et à la guerre de religions qui a ensuite dévasté l’Allemagne et réduit sa population de moitié, au règne de Frédéric le Grand, aux conséquences de la Révolution Française sur l’Allemagne. Ensuite, seulement, après tous ces épisodes aussi importants et constitutifs de la nation allemande que les suivants, nous suivons l’avènement du nouvel Empire allemand inspiré par Bismarck, la Première Guerre Mondiale, la République de Weimar, l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, la tragédie du Troisième Reich et de la Seconde Guerre Mondiale, le « partage » de l’Allemagne vaincue entre les anciens Alliés occidentaux et soviétiques, et enfin la chute du Mur de Berlin et la réunification.

Tout n’est pas parfait dans ce livre, mais la perfection est certainement impossible pour une oeuvre de cette ambition et de cette ampleur. Dans la dernière partie du livre, sur la seconde partie du XXème siècle, l’auteur amène son propos vers un moralisme catholique et un anti-communisme (voire un anti-gauchisme) quasiment primaire qui m’ont gênés. Cela n’enlève cependant rien à l’intérêt immense de ce livre, que je recommande à tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire en général, et en particulier à celle de l’Allemagne.

Retour à Reims

Sur les conseils du mari d’un blogueur célèbre et influent, j’ai lu Retour à Reims, un essai du philosophe et sociologue Didier Eribon :

Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d’origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l’histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie …

Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s’interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.

Un grand livre de sociologie et de théorie critique.

Le thème de cet essai m’interpellait beaucoup, je me suis donc plongé dans sa lecture même si je ne suis pas habitué à ce genre d’oeuvre « académique ». Je craignais surtout de ne pas avoir les bases philosophiques ou sociologiques pour comprendre parfaitement l’approche de l’auteur. Finalement, le mélange entre le récit autobiographique et les réflexions sociologiques rend sa lecture tout à fait accessible pour un novice comme moi. Ce n’est pas non plus un livre de vulgarisation sur la sociologie, puisque l’auteur utilise à plusieurs reprises des concepts qui m’étaient inconnus mais sans que cela gêne – à mon sens – ma compréhension globale de sa réflexion.

Sans entrer dans le détail de la structure et du contenu de la réflexion de Didier Eribon dans cet essai, je retiens quelques idées fortes :

  • la place de la politique et en particulier du Parti Communiste pour la classe ouvrière jusqu’aux années 70 (« le Parti », comme s’il était le seul qui s’adressait alors aux ouvriers), comment la gauche, cédant aux sirènes du capitalisme et renonçant à parler de pénibilité et d’exploitation des « masses laborieuses », a progressivement perdu la confiance de ceux qu’elles prétendait défendre, et comment le Front National a récupéré leurs suffrages en remplaçant un sentiment d’appartenance (je suis ouvrier contre les bourgeois qui s’enrichissent en m’exploitant) par un autre (je suis français contre les immigrés qui prennent nos emplois et nos prestations sociales)
  • face au déterminisme social qui veut que les enfants d’ouvriers deviennent ouvriers (ou chômeurs …) et les enfants de cadres deviennent cadres, l’éducation et l’accès à la culture sont les seules solutions efficaces mais aussi des marqueurs forts de rupture avec le monde ouvrier ; Didier Eribon raconte bien comment il s’est éloigné de sa famille au fur et à mesure de ses études, comment il s’est senti différent de ses parents et de ses frères, se sentant rejeté comme il les rejetait. Il montre également comment le système éducatif, avec ses filières élitistes et ses voies de garage, tend à reproduire à chaque génération les mêmes ruptures de classes sociales.
  • Didier Eribon compare sa façon de vivre son homosexualité et ses origines sociales. Il a longtemps expliqué sa rupture avec sa famille par leur rejet – ou leur incompréhension – face à son homosexualité. Finalement, il note que c’est peut-être son rejet de son milieu d’origine qui l’a tenu éloigné de Reims et de sa famille. Il conclue sa réflexion en affirmant qu’il a finalement eu plus de difficultés à s’affirmer comme fils d’ouvrier que comme homosexuel, il va jusqu’à parler de honte pour évoquer ses origines. De ces deux différences, la plus difficile à assumer n’était pas celle que l’on croit, en particulier à Paris.

Ceci n’est évidemment qu’une synthèse très personnelle de cet essai ; ce sont les réflexions qui m’ont le plus marqué, avec toutes les incompréhensions et ré-interprétations possibles de la part d’un oeil non averti. Quoiqu’il en soit, j’ai été passionné par cette lecture, très différente des bouquins que j’ai l’habitude de lire. Cela donne aussi à réfléchir, car je me sens évidemment proche de ce fils d’ouvrier qui a quitté sa Champagne natale et sa famille pour commencer une nouvelle vie à Paris.

Retour à Reims, Didier Eribon

Flammarion, ISBN 978-2-0812-4483-2

Note : ★★/☆☆☆☆☆