L’été dernier à Syracuse

34757113

J’ai eu l’occasion de découvrir la version française de ce roman en avant-première, la sortie officielle étant prévue début juin. C’est par l’intermédiaire de la plate-forme NetGalley.fr que l’éditeur m’a offert la version Kindle de ce livre. Je l’ai lu cette semaine, en quelques jours, le roman étant assez court.

Avant de commencer ma lecture, je ne savais pas vraiment quoi penser du résumé :

Michael et Lizzie, deux New-Yorkais respectivement écrivain et journaliste, partent pour une semaine en Italie avec Finn et sa femme Taylor accompagnés de Snow, leur fille de dix ans surprotégée et surangoissée. Lizzie l’a décidé, ils iront d’abord à Rome puis à Syracuse, sur la côte sicilienne.

Tout sépare les deux couples – milieu social, idées politiques et passions –, mais le décor idyllique fait de bons vins, de gelati et de ciel bleu devrait être celui de vacances paradisiaques. Pourtant, même loin de chez eux, les secrets du passé et les infidélités du présent refont surface. Lizzie et Finn, qui ont eu une histoire des années auparavant, flirtent à nouveau ; Michael, quant à lui, cherche le courage de dire à Lizzie qu’il veut la quitter afin de vivre au grand jour sa relation avec Kath, une jeune serveuse.

Dans un paysage inondé de soleil, les journées s’égrènent lentement. Entre désaccords et reproches, les deux couples sont mis à l’épreuve et, déjà fragilisés par le temps, se fissurent davantage. Dans une ambiance de plus en plus délétère, les mensonges sont mis au jour. Et la jeune Snow, plongée au cœur de ce quatuor dissonant, devient malgré elle le catalyseur d’un drame inévitable.

L’idée de suivre deux couples américains en vacances en Italie ne m’emballait pas vraiment, mais j’avais l’espoir que ce ne soit que le prétexte pour une critique sociale. J’espérais aussi que le changement progressif d’ambiance annoncé par le résumé soit réussi et permette de transformer le ton et les thématiques du roman. Malheureusement, j’ai été déçu. A mes yeux, le roman ne décolle jamais et le changement d’ambiance est un échec.

Je pense que la première et principale raison qui m’a empêché d’apprécier ce roman tient dans ses personnages, que j’ai tous trouvés agaçants et inintéressants. Je crois qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre : ni Taylor, petite bourgeoise qui gère l’office de tourisme de Portland et dont seule la bêtise rivalise avec la superficialité ; ni son mari Finn, chef cuisinier qui passe son temps à dragouiller toutes les filles qui passent ; ni Michael, l’écrivain mythomane dont la maîtrise lui fait la surprise de le rejoindre en Italie ; ni Lizzie, l’épouse de Michael qui vit un peu dans son ombre et excuse toutes les fautes de mari. Ne parlons même pas de Snow, la fille de dix ans de Taylor et Finn, transparente au début du roman mais dont le rôle sera capital dans le récit.

Le récit, parlons-en. Il est sans surprise, malgré les tentatives de brouiller les pistes. L’auteur essaye par la construction narrative du roman de ménager un semblant de suspense, mais je crois qu’il ne m’a fallu qu’un quart du roman pour comprendre ce qui allait se passer. J’espérais que cela soit une fausse piste mais la suite m’a malheureusement donné tort.

J’ai tout de même fait l’effort de terminer ce roman, car certains éléments sont tout de même réussis. J’ai notamment apprécié la façon dont est décrite la relation entre Snow et Michael, sorte de père de substitution qui contraste avec Finn, son vrai père.

Je regrette tout de même que ces quelques réussites soient noyées dans un ensemble stéréotypé et sans surprise. Une lecture à oublier, et cela tombe bien, car il ne s’agit pas d’un livre inoubliable …


L’été dernier à Syracuse, Delia Ephron

Note : ★★☆☆☆


Vous voulez m’aider ?

Je me souviens de PSG-Barça 1995


Je crois qu’à chaque fois que le PSG affronte le FC Barcelone, je ressors et relis avec une certaine émotion le même article :

Je me souviens de PSG-Barça 1995 …

Cet article a été publié dans So Foot en 2013, avant (déjà) une confrontation contre Barcelone en Ligue des Champions. L’excellent Mathieu Faure, journaliste mais aussi véritable supporter et amoureux du PSG, nous raconte ses souvenirs du fameux PSG-Barça de 1995, alors qu’il n’avait que 12 ans.

Je me souviens moi aussi très bien de ce match, j’avais à peine quelques années de plus que Mathieu Faure. Je crois que c’est l’un des premiers matchs du PSG, si ce n’est le premier, que j’ai regardé à la télévision. J’avais plutôt l’habitude de suivre les matchs à la radio, je me souviens des multiplex d’Europe 1 avec la voix si reconnaissable d’Eugène Saccomano. Pour cette occasion si particulière, j’avais obtenu la permission de mes parents de suivre le match à la télévision, à l’époque où la Ligue des champions était encore accessible sur une chaîne gratuite, TF1 en l’occurrence.

Je suis évidemment obligé de parler de celui qui occupait alors le banc de touche catalan : je ne le connaissais pas encore bien à l’époque, mais je me souviens désormais que le Barça était entraîné par le génial et désormais regretté Johan Cruyff.

L’article de Mathieu Faure décrit très bien ce que j’ai ressenti avant, pendant et après ce grand match. Mes souvenirs ne sont pas forcément aussi précis que les siens, mais je garde tout de même le souvenir de ma joie au moment du but de Vincent Guérin qui qualifiait le PSG à quelques minutes de la fin. Il y a eu ensuite d’autres soirées d’émotion avec le PSG (la finale de la Coupe des Coupes face au Rapid de Vienne en 1996, plus récemment la qualification épique à Chelsea avec ce but de la tête de Thiago Silva dans les prolongations) mais je pense que je garderai toujours un souvenir ému de cette première. C’est ce soir-là que je suis tombé amoureux du PSG, que le club parisien est devenu définitivement mon « club de cœur », comme aiment le dire les joueurs désormais …

La plus folle de nous deux

51wzd5rlqel

Je dois d’abord préciser que mon exemplaire (en version Kindle) de ce livre m’a été offert par l’éditeur par l’intermédiaire de NetGalley.fr, une plateforme qui propose de mettre en relation des éditeurs et des lecteurs dits « professionnels » (libraires, bibliothécaires, journalistes, blogueurs, etc.). L’intérêt pour le lecteur est évidemment de découvrir des livres en avant-première ou en tout cas parus récemment, et pour l’éditeur d’espérer la promotion à faible coût de ses parutions. Ceci étant dit, mon avis sur ce livre, et sur d’autres que j’aurais l’occasion de découvrir de la même façon, restera totalement objectif. Je ne suis nullement engagé auprès de l’éditeur à dire du bien du livre.

Je connais Hélène Risser, l’auteur(e) de ce roman, depuis maintenant pas mal d’années. Je l’avais découverte comme chroniqueuse dans « Arrêts sur Images », l’émission de Daniel Schneidermann, à l’époque où elle était diffusée chaque dimanche midi sur France 5. Je l’ai ensuite revue dans « Déshabillons-les », une émission de décryptage de la communication politique sur Public Sénat. Je ne connaissais par contre pas encore la romancière Hélène Risser, mais c’est avec curiosité que j’ai commencé à lire ce roman, son troisième à ce jour.

L’éditeur présente ce roman par ces quelques phrases :

Fascinée par la responsable politique Noémie Leblond, une journaliste décide de mener l’enquête. Un subtil double portrait de femmes tout en échos qui interroge la place des femmes dans la société. Rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension politique de Noémie Leblond. Femme dans un monde d’hommes, elle domine toutes les situations – ambition, séduction, pouvoir, maternité. En pleine course pour la présidentielle, une journaliste se met à enquêter sur cet intrigant animal politique. Envahie peu à peu par une fascination qui dépasse largement les jeux et enjeux de pouvoir, elle est conduite à explorer ses propres fragilités, jusqu’à l’enfance. Jusqu’où ira-t-elle pour mener à bien cette expérience ?

Un double portrait de femmes tout en subtils échos.

Au-delà du nom de l’auteur, j’ai été attiré par ce livre car il parle de politique, un thème qui m’intéresse toujours beaucoup, même s’il n’est pas toujours traité avec subtilité dans la littérature de fiction. La première difficulté de l’exercice, c’est de faire la distinction, pour l’auteur comme pour le lecteur, entre fiction et réalité. J’ai ainsi passé un long moment à me demander quelle femme politique réelle avait servie de modèle pour le personnage de Noémie Leblond. Certains passages m’ont évoqué Nathalie Kosciusko-Morizet, d’autres m’ont fait penser à Rachida Dati. Peut-être cette façon de brouiller les pistes est-elle volontaire de la part d’Hélène Risser, mais j’aurais peut-être préféré que le personnage soit totalement imaginaire pour que je puisse m’intéresser pleinement au récit sans être perturbé par mes interrogations sur le rapport à la réalité.

La narratrice, qu’on devine être en grande partie Hélène Risser elle-même, nous parle du pouvoir et de féminité, et des liens entre les deux. Elle évoque également longuement le thème de la folie et de la psychiatrie. Le récit lui-même est intéressant, même s’il n’est pas révolutionnaire. J’ai lu les 256 pages du roman avec plaisir, sans m’ennuyer. Il y a quelques passages moins bons que d’autres, à cause du style parfois ampoulé de l’auteur qui semble parfois jouer à l’écrivain, mais sur la durée c’est une lecture plutôt plaisante.

Mon plus gros regret est que l’épilogue arrive trop vite. En parvenant à la fin du roman, j’ai pensé que celui-ci aurait pu sans problème se poursuivre sur une cinquantaine voire une centaine de pages supplémentaires. Cela aurait permis de continuer à explorer les vies de la narratrice et de Noémie Leblond et d’approfondir la relation entre les deux femmes. Dire qu’on regrette qu’un livre soit trop court pourrait sembler être le meilleur compliment qu’on puisse faire, mais en réalité cela dit beaucoup de celui-ci : il n’aborde certains sujets que superficiellement, et c’est vraiment dommage. J’ai ainsi terminé ma lecture avec une sensation d’inachevé, ce qui n’est jamais agréable.

Malgré tout, je pense garder un bon souvenir de ce roman et je vais sans doute me pencher sur les deux premiers romans d’Hélène Risser pour voir s’ils pourraient également m’intéresser.


La plus folle de nous deux, Hélène Risser

Note : ★★★☆☆


Vous voulez m’aider ?

Cela te rendra plus fort

Je suis tombé hier sur ce tweet de Norden Gail :

tweet-norden-gail

La réponse m’est apparue tout de suite :

tweet

“Tout ce qui te fera sentir différent à l’adolescence, ton bras, ta main, tes sentiments, tes désirs, te rendre plus fort une fois adulte”. Cette réponse m’a semblé une évidence, je crois que cet avertissement mêlé d’espoir est exactement ce dont aurait eu besoin l’enfant que j’étais alors.

J’avais envie de partager cela ici, parce que cet échange sur Twitter m’a marqué et qu’il reflète parfaitement ce que je suis et ce que j’ai été.

J’aime pas les filles

41zsn94yenl

Je ne suis habituellement pas un grand lecteur de littérature jeunesse, hormis quelques romans de Christophe Honoré, mais celui-ci avait attiré mon attention lorsque j’avais lu la critique flatteuse qu’en faisait un de mes contacts sur Goodreads.

Le résumé est assez classique :

Raoul est un garçon qui se sent un peu différent : sa maman est morte quand il avait quatre ans et il est le seul métis de son école. Une école où on apprend la musique. À part ça, Raoul aime plein de choses, ses copains, le foot, les glaces… mais pas les devoirs, et surtout pas les filles. Être amoureux ? Beurk ! Tout le contraire de son copain Rito qui, lui, est un vrai cœur d’artichaut. Raoul a beau être doué au piano, s’il continue à être indiscipliné et à collectionner les mauvaises notes en classe, il ne pourra jamais intégrer le Conservatoire. Heureusement, Laurent, un jeune professeur haut en couleurs le prend sous son aile et l’encourage. Avec lui, même les gammes deviennent amusantes. Et l’aide inattendue de Clémence qui, pour une fille, est plutôt sympa, va le transcender. Au piano, Raoul se dévoile et enchante le monde.

Il n’y a pas vraiment de surprise dans le récit, tout se passe globalement comme on peut l’imaginer dès le début, mais l’intérêt du livre n’est pas vraiment là. Je ne connais pas suffisamment la littérature jeunesse pour savoir si cela le distingue des romans habituels pour enfants et pré-adolescents, mais j’ai beaucoup aimé le ton très humoristique employé par le narrateur, Raoul. Il porte un regard caustique sur ceux qui l’entourent, avec parfois un brin de tendresse. J’ai aussi aimé les passages sur la relation de Raoul avec son père, et sur son rapport à sa mère disparue dont il ne garde aucun souvenir, celle-ci étant décédée quand il n’avait que quatre ans.

J’aime pas les filles est un roman court que j’ai  quasiment dévoré le temps du trajet en tramway de mon bureau à chez moi, il ne me restait plus qu’un petit quart d’heure de lecture avant de dormir pour l’achever. J’ai bien aimé, c’était drôle, charmant. Je ne pense pas que je pourrais lire uniquement ce genre de romans, mais c’est une parenthèse bienvenue et agréable après avoir lu les longs pavés de Brian Herbert et Kevin J. Anderson que constituent les préquelles de Dune.


J’aime pas les filles, Mariannick Bellot

Note : ★★★☆☆


Vous voulez m’aider ?