Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York)

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York en VF) est une comédie romantique américaine. Une fois qu’on a dit cela, on a à la fois tout dit et rien dit sur ce film.

Réalisé par l’américain Peter Sollett, le film est sorti sur nos écrans en 2008. Le scénario de Lorene Scafaria est inspiré d’un roman de Rachel Cohn et David Levithan et ne brille pas forcément par son originalité :

Nick, qui est membre d’un obscur groupe de rock indépendant, vient de vivre une rupture difficile. De son côté, Norah a du mal à donner un sens à sa vie et à sa relation épisodique avec un musicien trop égoïste.
Les deux jeunes gens n’ont rien en commun, sauf leurs goûts musicaux. Leur rencontre fortuite va les entraîner toute une nuit à New-York vers le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré. Au cours de cette nuit de surprises et d’aventures, ils vont découvrir qu’ils ont peut-être plus en commun que leur seul amour de la musique …

J’ai beau avoir de goûts parfois étranges, je ne suis habituellement pas « client » de ce genre de films. Que suis-je donc allé faire dans cette galère ? La réponse tient en deux mots, plus précisément en un prénom et un nom : Michael Cera. Un jour, j’ai cherché les films dans lesquels il a joué et je suis tombé sur celui-ci. Je l’ai acheté sur l’iTunes Stores, en VF parce que c’était la seule version disponible. Je l’ai regardé hier soir, profitant d’une soirée en célibataire pour éviter d’infliger cela à mon cher et tendre.

Outre Michael Cera, le reste du casting est sympathique :

  • Kat Dennings incarne Norah pour compléter le couple qui donne le titre au film
  • Ari Graynor interprète Caroline, la meilleure amie de Norah
  • Alexis Dziena joue le rôle de Tris, l’ex-petite amie, un peu peste sur les bords, de Nick
  • Aaron Yoo et le très charmant Rafi Gravon incarnent Tom et Dev, les deux amis gays de Nick

Le film se laisse regarder. L’histoire est banale. Sans surprise, Nick tire un trait sur sa relation avec la méchante Tris et entame une nouvelle relation avec la gentille Norah. Tout cela n’a pas grand intérêt. Ce n’est pas mauvais, c’est juste sans grande saveur.

Mais il y a Michael Cera. Je suis fan de ce jeune acteur canadien. Je le trouve charmant, talentueux, et drôle (il suffit de regarder quelques vidéos d’émissions TV que j’ai postées récemment sur Facebook pour s’en rendre compte). C’est un peu incompréhensible, mais je craque totalement pour lui. Il a un don incroyable pour incarner des garçons un peu maladroits, paumés mais touchants. Certains lui reprochent justement d’interpréter presque toujours le même rôle et c’est vrai que la différence est mince entre le personnage de Nick dans ce film et celui de Scott Pilgrim par exemple. Qu’importe, il le fait très bien. S’il fallait ne garder qu’une seule chose de ce film, ce sont ses petits sourires timides. Juste pour ça, je le regarderais encore une fois.

Pour le reste, c’est une amourette divertissante. A déconseiller à ceux qui sont insensibles au charme de Michael Cera, tout de même.


Vous voulez m’aider ?

Lectures (en vrac) : le retour

Trois semaines après mon précédent billet où je voulais parler (déjà !) de mes dernières lectures, je viens à nouveau vous présenter les derniers romans que j’ai lus, et plus ou moins appréciés.

Je commence par Le baby-sitter de Jean-Philippe Blondel. Le narrateur, Alex, est un jeune étudiant de dix-neuf ans qui décide de proposer ses services comme baby-sitter aux familles de son quartier, en commençant par celle de la boulangerie en bas de chez lui. C’est le début de rencontres un peu improbables qui vont le faire évoluer et qui vont surtout changer la vie de ceux chez qui il s’installe quelques heures par semaines pour s’occuper de leurs enfants. On croise des couples différents, des histoires banales, des personnalités singulières, et même s’il se passe finalement peu de chance dans ce roman, il en reste un parfum indéfinissable de simplicité et de bonheur. Je me suis surpris à sourire en lisant le dernier chapitre, alors que ce genre d’histoire – sur les petits bonheurs simples de la vie – n’est habituellement pas ma tasse de thé.

Dans un autre style, plus sombre, moins joyeux, L’écrivain de la famille de Grégoire Delacourt m’a bien plu également. Publicitaire, l’auteur nous livre un récit que l’on devine autobiographique : on suit l’enfance, l’adolescence et la vie adulte d’Edouard, proclamé poète de génie à l’âge de sept ans par ses parents mais qui n’a ensuite jamais accompli les promesses de ce talent précoce. Du pensionnat où il est envoyé à l’adolescence jusqu’à son travail de publicitaire en passant par ses tentatives ratées de devenir écrivain, il traverse une vie agitée de toute part et nous parcourons avec lui les années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Le narrateur m’a semblé antipathique mais je me suis attaché à son histoire et à ses proches. Il y a quelques très beauxmoments dans ce roman, en particulier ceux qui concernent le frère cadet d’Edouard, ou la dernière scène avec ses parents. Vous me pardonnerez ce raccourci un peu facile, mais ce roman qui nous raconte une vie plutôt ratée est quant à lui plutôt réussi.

On descend d’une catégorie, voire de plusieurs, avec Un homme louche de François Beaune. Ce roman est découpé en deux parties, toutes deux écrites par Jean-Daniel Dugommier, l’homme louche du titre. Adolescent asocial sur le point d’être interné dans la première partie, adulte « quasi-normal » (ce n’est pas moi qui le dit mais la quatrième de couverture) dans la seconde, il nous livre son regard sur le monde qui l’entoure. L’ensemble est troublant. Dans la période adolescente, ce trouble s’accompagne d’une certaine naïveté qui peut toucher et faire rire. Dans la période adulte, par contre, on approche de l’absurde avec des digressions qui m’ont laissé complètement indifférent. L’adolescent asocial et décalé m’a finalement semblé plus proche que l’adulte étrange et cynique. Fait inhabituel : j’ai abandonné ma lecture à moins de cinquante pages de la fin. Habituellement, je renonce à un roman au début, très rarement si proche de la fin : ce roman m’a finalement semblé si dérangeant que je n’ai pas réussi à aller au bout.

Heureusement, ma lecture suivante m’a réconcilié avec la littérature française. Le printemps des pères est le second roman d’Henri Husetowki. Au printemps 1942, Ludovic croit voir son meilleur ami Gaëtan sauter d’une falaise. Pendant la semaine qui suit, alors que les recherches battent leur plein, il s’enfance dans le mensonge en gardant ce lourd secret. En pleine adolescence, sa vie bascule – comme son ami au bord de cette falaise. C’est un beau roman, c’est une belle histoire, comme le dit la chanson. Plus sérieusement, le récit est parfois maladroit mais l’émotion reste latente sous les petites histoires du quotidien. Dans le cadre de l’Occupation souvent utilisé en littérature, l’adolescent grandit, fait des rencontres, et découvre le deuil. Ce n’est pas le meilleur roman sur ce thème, mais c’est l’un des « bons ».

Lectures (en vrac)

J’ai lu récemment plusieurs livres qui m’ont plus ou moins marqué et je n’en ai pas parlé ici. Je vais essayer aujourd’hui de rattraper mon retard, car certaines lectures valent vraiment le coup d’être évoquées.

Tout d’abord, Histoire d’un allemand de Sebastian Haffner. Jeune magistrat stagiaire à Berlin, l’auteur a vécu de près la montée du nazisme avant de s’exiler quelques mois avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Après avoir vécu seize ans en Angleterre, il est rentré en Allemagne en 1954 où il poursuivit sa nouvelle carrière de journaliste et d’historien. Dans ce récit autobiographique, Sebastian Haffner nous raconter son enfance pendant la Première Guerre Mondiale, son adolescence sous la République de Weimar et ses débuts dans la vie active sous le nouveau régime nazi. Sans concession pour ses compatriotes et pour lui-même, il tente d’expliquer comment l’Allemagne s’est donnée aux nazis. C’est un témoignage, personnel, éclairé et sans angélisme, sur la naissance du Troisième Reich. J’ai trouvé cela passionnant et différent de toute la littérature déjà vue et lue sur cette période. A lire pour ceux qui s’intéressent à cette époque sombre de l’Histoire.

Ensuite, Olivier de Jérôme Garcin. Journaliste quinquagénaire, il s’adresse dans ce roman à Olivier, son frère jumeau décédé à l’âge de six ans. Il nous raconte la perte et la vie sans son « double » auquel il s’adresse directement tout au long du livre. Je n’ai pas particulièrement accroché au style de l’auteur, qui a parfois tendance à s’écouter parler (ou plutôt écrire, mais l’ensemble est touchant. Cela en fait un roman pas tout à fait inoubliable mais suffisamment marquant pour que j’ai envie de le relire dans quelques mois ou quelques années. C’est déjà un bon signe.

J’ai poursuivi avec La septième vague, de Daniel Glattauer. Il s’agit de la suite, un peu laborieuse et bien moins intéressante, de Quand vient le vent du nord. L’auteur surfe sur le succès du premier roman pour nous proposer une suite qui se lit facilement mais surprend moins que le précédent. Leo et Emmi reprennent leurs échanges épistolaires et poursuivent leur drôle d’histoire entamée dans le premier volet. C’est sans surprise, souvent prévisible, parfois carrément ennuyant, et globalement sans vraiment de saveur. Un bon divertissement, sans plus.

Enfin, je viens de terminer Le tombeau de Tommy, d’Alain Blottière. Peut-être ma révélation depuis le début de l’année. Un très bon souvenir en tout cas. Nous y suivons un double récit : celui de la vie du jeune Thomas Elek, dit Tommy, lycéen, juif hongrois, jeune résistant et membre du groupe Manouchian ; et celui du tournage d’un film sur Tommy, dont les traits sont interprétés par Gabriel, un jeune lycéen parisien qui va être fasciné par le jeune homme qu’il doit incarner devant la caméra. Le narrateur, réalisateur du film, va s’attacher à Gabriel et assister à sa descente aux enfers sans pouvoir – ou vouloir ? – intervenir. Si le récit contemporain est intéressant et donne du reflet au reste, c’est surtout le destin de Thomas Elek qui m’a marqué. Bien moins connu qu’un Guy Môquet dont nous avons beaucoup entendu parler ces dernières années, « Tommy » reste un personnage incroyable et mémorable. Comme ce livre, sublime.

Scott Pilgrim vs. the World

Scott Pilgrim vs. the World est peut-être le film que j’ai le plus attendu cette année. Il s’agit de l’adaptation pour le grand écran de la série de bande dessinée dont je vous parlais ici. Sorti en août aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ce film n’est apparu sur nos écrans hexagonaux que cette semaine, pour de sombres histoires de doublage qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Autant le dire clairement, je pense qu’Universal a totalement raté la communication autour de la sortie de ce film et qu’ils n’ont pas réalisé la pépite qu’ils avaient entre leurs mains.

Le film compile, en un peu moins de deux heures, les six volumes de la bande dessinée. Entouré de sa bande d’amis, Scott Pilgrim affronte les sept ex maléfiques de sa nouvelle petite amie Ramona Flowers :

Scott Pilgrim n’a jamais eu de problème à trouver une petite amie, mais s’en débarrasser s’avère plus compliqué. Entre celle qui lui a brisé le cœur – et qui est de retour en ville – et l’adolescente qui lui sert de distraction au moment où Ramona entre dans sa vie – en rollers – l’amour n’a jamais été chose facile.

Il va cependant vite réaliser que le nouvel objet de son affection traîne les plus singulières casseroles jamais rencontrées : une infâme ligue d’ex qui contrôlent sa vie amoureuse et sont prêts à tout pour éliminer son nouveau prétendant. À mesure que Scott se rapproche de Ramona, il est confronté à une palette grandissante d’individus patibulaires qui peuplent le passé de sa dulcinée : du mesquin skateur à la rock star végétarienne en passant par une affreuse paire de jumeaux. Et s’il espère séduire l’amour de sa vie, il doit triompher de chacun d’eux avant que la partie soit bel et bien « over ».

Dans le rôle-titre, on retrouve le charmant Michael Cera (George Michael dans Arrested Development, dont il faudra que je vous parle un jour), que j’ai trouvé très convaincant dans la peau de l’éternel adolescent canadien. A ses côtés, les autres comédiens – plus ou moins connus – incarnent également très bien leurs personnages ; pour citer les principaux : Mary Elizabeth Winstead (Ramona Flowers), Kieran Culkin (Wallace, le colocataire gay de Scott), Ellen Wong (Knives Chau, la petite amie lycéenne de Scott au début du film), et Anna Kendrick (Stacey, la petite soeur – plus mature – de Scott).

Ce qui caractérise ce film, c’est son style très particulier. Le rythme est infernal, les pauses sont très rares et très courtes : on est littéralement emporté par les aventures de Scott et ses combats contre les ex de Ramona. Les combats eux-mêmes sont tels que je les avais imaginés en lisant la bande dessinée : fun, plein d’imagination et bourrés de références aux jeux vidéos. J’ai également retrouvé avec joie l’humour des comics mais aussi certaines séquences plus émouvantes. Mon seul regret, finalement, c’est que le dialogue final entre Scott et Ramona ait été amputé dans le film : dommage, c’était l’un de mes moments préférés …

Malgré tout, ce film est à mes yeux une vraie réussite. J’en attendais beaucoup et je n’ai pas été déçu. Comme je l’espérais, j’ai beaucoup ri tout au long du film : c’est d’abord un excellent divertissement mais c’est aussi, comme la bande dessinée, la porte ouverte à des réflexions plus sérieuses sur le couple, l’engagement et le passage à l’âge adulte. Tout ce que j’aime !


Vous voulez m’aider ?

L’Origine de la violence

L’Origine de la violence est le troisième roman de Fabrice Humbert, également auteur de Autoportraits en noir et blanc en 2001 et de Biographie d’un inconnu en 2008. Je n’ai pas lu ses deux premiers romans mais la quatrième de couverture de celui-ci m’a tout de suite attiré :

Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder. Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence … Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer …

Mon intérêt pour l’Allemagne n’est pas un secret pour ceux qui me connaissent un peu. Comme le narrateur de ce roman, j’ai une certaine fascination pour l’histoire de ce pays et en particulier pour ses années sombres, avec en toile de fond cette interrogation qui reste sans réponse : comment une nation civilisée peut-elle sombrer ainsi dans l’horreur ? C’est l’une des questions auxquelles Fabrice Humbert tente de répondre dans ce roman. Ce n’est pas, toutefois, le seul sujet de ce livre étonnant.

En alternant le récit du narrateur sur sa vie présente et celle de son grand-père et de ses contemporains, Fabrice Humbert nous parle aussi de la famille, de la paternité, des racines, avec un fond que l’on devine en partie autobiographique. A travers les Fabre, la famille d’adoption du narrateur, il nous parle également de la bourgeoisie de province, des années 30 à nos jours. Et puis, bien sûr, il y a le thème que le titre du roman annonce : l’origine de la violence, celle d’une nation mais aussi celle d’hommes qui se laissent emportés par leurs démons ou tentent d’y résister par d’autres moyens.

Ce roman m’a passionné et m’a marqué. Le thème avait tout pour me plaire et l’essai est parfaitement transformé. Même si mon histoire n’est pas la sienne, je n’ai pas eu de mal à m’identifier au narrateur et à réagir – intérieurement – aux thèmes abordés par Fabrice Humbert. Après cette lecture, j’ai bien envie de découvrir ses autres romans.

L’Origine de la violence, Fabrice Humbert

Le Livre de Poche, ISBN 978-2-253-12946-2

Note : ★★/☆☆☆☆☆