Gotham (saison 1)

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Celles et ceux parmi vous qui me connaissent bien ou qui me suivent depuis longtemps savent que je suis un grand fan de Batman, que ce soit à travers les comics, la série animée des années 1990, et bien sûr l’excellente trilogie de films de Christopher Nolan dont le deuxième épisode The Dark Knight est à mes yeux le meilleur film sur Batman, toutes époques et tous réalisateurs confondus. C’est donc peu dire que j’avais accueilli avec impatience, joie et crainte (d’être déçu) l’annonce d’une nouvelle série baptisée tout simplement Gotham, du nom de Gotham City, la ville où se déroulent les aventures de Batman.

L’angle narratif de la série est à la fois simple et ambitieux : raconter les origines des personnages emblématiques de Batman, et notamment les débuts du futur commissaire Gordon dans la police de Gotham. James Gordon, interprété par Ben McKenzie (inoubliable Ryan dans The O.C. / Newport Beach), est en effet le protagoniste de la série. Au début de la série, il arrive avec ses valeurs et ses idéaux au sein de la police de Gotham City et se confronte très vite à la corruption qui gangrène ses collègues, à commencer par son partenaire Harvey Bullock, un ripou qui se révèle malgré tout attachant au fil de la saison.

On ne peut évidemment pas faire une série baptisée Gotham sans parler de Bruce Wayne. La série débute d’ailleurs par la fameuse scène de la mort de Thomas et Martha Wayne, les parents du futur Batman. David Mazouz incarne parfaitement un Bruce Wayne à l’aube de l’adolescence, coincé entre son éducation de bourgeois poli, bien habillé et bien coiffé, et la colère qui le ronge suite au meurtre de ses parents. Il est soutenu par Alfred Pennyworth, le majordome auquel les scénaristes ont inventé un passé militaire trouble qui ne m’a pas totalement convaincu. Hormis ce petit loupé, je dois dire que la relation entre le jeune garçon et son majordome, mentor, ami et père de substitution est très intéressante et touchante à suivre.

Les autres personnages majeurs de la série sont évidemment les « vilains », ou futurs vilains, de Batman. Le chouchou des fans de la série est certainement Oswald Cobblepot, alias le Pinguin, dont on suit l’ascension au sein de la famille du crime organisé de Gotham. De simple sous-fifre humilié par ses camarades au service d’une tenancière de night-club, il gravit progressivement les échelons pour gagner la confiance des parrains de pègre local, quitte à trahir ses patrons successifs et de se faire des ennemis mortels. Robin Lord Taylor incarne parfaitement ce Pinguin tour à tour pathétique et inquiétant, mais toujours génial.

L’autre vilain emblématique de la série est à ma connaissance une création de la série, au même titre que Harvey Quinn l’était dans la série animée. Il s’agit de Fish Mooney, la première patronne du Pinguin qu’il finira par trahir, alors qu’elle même cherche à détrôner le parrain Carmine Falcone. C’est un personnage totalement stéréotypé, parfois à la limite de la caricature, mais je ne sais pas si c’est voulu par les scénaristes et le réalisateur ou si c’est l’actrice qui en fait des tonnes avec ses mimiques et ses gestes souvent risibles.

Nous avons également droit à la fameuse Selina Kyle, en version adolescente, à peine plus âgée que Bruce Wayne, qui va évidemment tomber sous son charme. Si le nom du personnage ne suffisait pas, nous avons droit à de nombreux rappels bien appuyés sur son affinité avec les chats, son côté enfant de la rue, toujours perchée en hauteur tel un chat de gouttière. Je vous laisse deviner la future identifié de ce personnage que j’ai autant détesté que sa version adulte dans les comics … J’allais oublier un personnage très secondaire mais dont on devine qu’elle prendra plus de place dans les prochaines saisons, la jeune Ivy, une gamine rousse qui adore la nature et les plantes, on peut imaginer que cette Ivy sera plus tard un véritable poison ;-)

Les intrigues, trahisons et batailles de pouvoir entre les différents criminels de Gotham City sont au coeur de la première saison. Ce n’est pas toujours très fin, ni toujours passionnant, mais c’est globalement sympathique à suivre, à condition d’accepter le côté stéréotypé de certains personnages et des intrigues. Si je mets de côté quelques personnages agaçants, Gotham est une série dynamique et plaisante, digne des comics. Le principal problème vient de la longueur de la saison : elle comporte 22 épisodes et c’est un format que je n’apprécie pas. Je préfère désormais les saisons entre 10 et 13 épisodes, où chaque épisode apporte quelque chose sans baisse de rythme. Avec 22 épisodes, il y a forcément des épisodes de remplissage moins intéressants que les autres, ce qui donne un faux rythme à la série et empêche d’être totalement conquis.

Malgré tout, j’ai pris un vrai plaisir à suivre cette première saison, et je recommande cette série à tous ce qui aiment Batman et les comics en général. Les autres pourront essayer de regarder quelques épisodes pour juger par eux-même si la série en vaut la peine.


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Luke Cage (saison 1)

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Après Daredevil et Jessica Jones, la troisième série originale produite par Netflix dans l’univers des comics Marvel est Luke Cage. Si je connaissais déjà un peu Daredevil avant de regarder la série, sans être pour autant un grand connaisseur, je dois bien dire que j’ai totalement découvert à la fois Jessica Jones et Luke Cage dans leurs séries respectives.

Luke Cage est un ancien détenu afro-américain qui possède une résistance surhumaine depuis qu’il a subi des expériences scientifiques extrêmes pendant son séjour en prison. Son corps résiste aux coups, aux piqûres (ce que nous avions déjà découvert dans Jessica Jones où Luke apparaissait déjà comme personnage secondaire), aux armes blanches, mais aussi aux balles. Au début de la série, il tente d’oublier son sombre passé en vivant anonymement dans le quartier de Harlem à New-York, où il est employé par un sympathique barbier-coiffeur.

Evidemment, son anonymat ne put pas durer éternellement et Luke devient rapidement une vedette locale quand ils retrouve mêlé aux agissements du crime organisé dans le quartier. L’employeur et ami de Luke est tué lors d’une fusillade dans son salon de coiffure, pourtant reconnu comme un terrain neutre dans Harlem, ce qui pousse le héros à s’en prendre aux responsables de cet assassinat.

L’ambiance est différente de celle de Daredevil et de Jessica Jones. Ici, c’est le royaume du hip-hop et des sweats à capuche. J’ai eu plus de mal à entrer dans cette atmosphère, peut-être parce que c’est un univers que je connais mal. J’ai cependant beaucoup aimé ce qui s’apparente à une fresque dédiée du quartier de Harlem et au quotidien de ses habitants afro-américains. Il y a dans la série un discours politique sur la place des « noirs » dans la société américaine, sur le communautarisme et sur les violences policières.

Le reste est sans doute moins réussi. Sur l’aspect comics / super-héros, la série s’avère décevante. Cela commence pourtant bien lorsque Luke Cage s’attaque aux barons du crime local, mais le récit sombre ensuite quand le vrai « vilain » apparait, caricatural et proche du ridicule. Il est regrettable que les scénaristes n’aient pas utilisé jusqu’au bout les ennemis de départ de Luke, à savoir le « parrain » et sa cousine politicienne qui sont bien plus intéressants que le boss de fin de saison …

Dans l’ensemble, Luke Cage est une série qui m’a semblé agréable à regarder, même si elle m’a moins plu que ses soeurs ainées Daredevil et Jessica Jones. Je regarderai la deuxième saison lorsqu’elle sortira, mais sans doute avec moins d’impatience que pour les deux autres séries déjà proposées par Netflix dans l’univers Marvel. Sans oublier la quatrième série annoncée pour le printemps : Iron Fist, que j’ai hâte de découvrir.

Jessica Jones (saison 1)

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Après Daredevil dont j’ai parlé récemment ici, Netflix a poursuivi son tour d’horizon adaptations des super-héros Marvel en séries TV avec Jessica Jones. Les 13 épisodes de la première saison ont été mis en ligne en novembre 2015. Pour ma part, je les ai regardés cet automne, entre les deux saisons de Daredevil, pour respecter l’ordre de diffusion par Netflix.

Contrairement à Daredevil dont je connaissais le concept de super-héros avocat et aveugle, j’ignorais tout de Jessica Jones. C’est une super-héroïne que je n’ai jamais vu dans aucun comics que j’ai lu, je ne connaissais même pas la nature de ses « super-pouvoirs » avant de regarder la série. J’ai donc abordé la série totalement vierge de tout préjugé sur le personnage et sur l’intrigue.

J’ai découvert au début de la série que Jessica Jones (incarnée par Krysten Ritter) est dotée d’une force surhumaine, et compte-tenu de la banalité de ce pouvoir, j’aurais pu me désintéresser rapidement de la série si son héroïne n’était pas un personnage passionnant. Si elle est très forte physiquement, Jessica Jones est également traumatisée par un événement de son passé. Quand la première saison débute, Jessica est à la limite de la dépression, elle noie ses angoisses dans l’alcool, et son métier de détective privé ne lui réussit que moyennement. La série aborde avec beaucoup de talent les thèmes du viol, des agressions sexuelles, et du syndrome de stress post-traumatique. C’est finement écrit, et parfaitement mis en scène sans aucun racolage, bien au contraire. L’horreur est suggérée, jamais montrée.

L’autre élément qui m’a plu dès le début de la série, c’est l’ambiance sombre, et la lenteur volontaire du récit dans les premiers épisodes. On se croirait dans un roman noir, avec une atmosphère pesante et poisseuse. J’ai trouvé ça très original pour une série de super-héros, on s’éloigne ainsi beaucoup du kitch de certaines séries ou de certains films adaptés de comics. Il y a la noirceur d’un film comme The Dark Knight, mais aussi un rythme lancinant qui convient parfaitement au personnage de Jessica Jones et à l’état psychologique dans lequel on la découvre au début de la série.

La première saison tourne essentiellement autour du traumatisme subi par Jessica et par son tortionnaire, incarné par l’excellent David Tennant. Même s’il restera toujours à mes yeux le génial 10ème Docteur de Doctor Who, David Tennant interprète magistralement le rôle de l’ennemi de Jessica Jones, un personnage tour à tour fascinant, inquiétant et émouvant. La qualité de la série repose beaucoup sur la relation entre lui et Jessica, parfaitement interprétés par les deux acteurs.

Les premiers épisodes sont très réussis, mais la suite de la saison a tendance à se perdre dans ses intrigues moins intéressantes sur certains personnages secondaires. J’ai eu l’impression que les scénaristes tentaient de tirer la saison en longueur pour atteindre les 13 épisodes commandés par Netflix, et cela se ressent. Le coeur de la saison, c’est l’opposition et la relation entre Jessica et son tortionnaire, et les autres intrigues ne sont pas parvenues à me passionner autant. Heureusement, la fin de saison retrouve la qualité des premiers épisodes, même si le style est différent, plus spectaculaire et moins sombre.

Je garde en tout cas un excellent souvenir de cette première saison. Je sais déjà que je suivrai avec plaisir la deuxième saison, annoncée pour 2018 au plus tôt, en espérant qu’elle soit aussi bonne, voire meilleure, que celle-ci.


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Daredevil (saisons 1 et 2)

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Daredevil est la première série que j’ai regardée sur Netflix lorsque j’ai souscrit mon abonnement à la fin du mois de septembre dernier. C’est une série originale Netflix, c’est-à-dire qu’elle a été produite spécifiquement pour Netflix, contrairement à d’autres séries qui intègrent le catalogue après avoir été diffusées sur des chaînes de télévision classiques. Netflix a mis en ligne les épisodes de la première saison en 2015, et ceux de la deuxième saison en 2016. Une troisième saison est annoncée pour 2018.

La série est évidemment adaptée de la série de comics du même nom, publiée par Marvel Comics depuis 1964. Le récit est centré sur le personnage de Matt Murdock, un avocat new-yorkais qui a la particularité d’être aveugle depuis un accident dont il a été victime lorsqu’il était enfant. Le jour, Matt aide la veuve et l’orphelin dans le cabinet d’avocats qu’il a fondé avec son meilleur ami « Foggy » Nelson ; les deux compères sont rapidement rejoints par Karen Page, une ancienne cliente qui devient leur secrétaire et assistante. La nuit, l’avocat enfile le costume de Daredevil, sous lequel il combat les criminels qui sévissent dans son quartier natal, Hell’s Kitchen. Comme nous sommes dans une série d’action et de super-héros, où un héros aveugle serait difficile à mettre en scène, le personnage de Daredevil compense sa cécité par une sensibilité accrue de ses autres sens, en particulier l’ouïe, qui lui permet d’analyser et de « voir » son environnement pour anticiper les gestes de ses adversaires.

Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Daredevil avant de regarder la série. J’avais entendu parler de l’adaptation cinématographique sévèrement critiquée à la fois par la presse et par les spectateurs. Je dois le reconnaître, le concept d’un super-héros aveugle me laissait craindre le pire, entre et mélo misérabiliste et kitch des scènes d’action.

Pourtant, la série m’a rapidement convaincu. Le style m’a rapidement conquis, et la qualité d’écriture m’a tenu en haleine tout au long de la première saison. J’ai plongé totalement dans l’ambiance du quartier de Hell’s Kitchen qui sert de cadre à la série, avec à la fois un côté glauque, parfois désespéré, mais terriblement humain. J’ai également adoré le personnage du « vilain » de la première saison, le fascinant et terrifiant Wilson Fisk. C’est pour moi l’un des « méchants » les plus réussis parmi les films et séries de super-héros, pas très loin du Joker de « The Dark Knight » par exemple.

La deuxième saison m’a peut-être un peu moins plu, tout en restant agréable à suivre. L’accumulation de violence gratuit et de scènes de combat à la limite du grotesque m’a parfois agacé. Je sais bien que cela fait partie des codes du genre, mais j’avais été moins gêné dans la première saison, peut-être parce que l’écriture était plus fine, le scénario plus « intelligent ». Les deux personnages majeurs introduits dans ce deuxième saison, le Punisher et Elektra, ne m’ont pas vraiment convaincu non plus. Je ne voudrais toutefois laisser penser que j’ai détesté cette deuxième saison. J’ai tout de même pris du plaisir à la regarder, le problème venant du fait que la première saison avait mis la barre très haut et que la deuxième ne parvient pas à mes yeux à relever le défi de faire au moins aussi bien.

Dans l’ensemble, Daredevil est une série réussie, plaisante à regarder. Elle sait utiliser les codes des comics et des super-héros pour proposer un divertissement agréable et intelligemment écrit, avec des personnages forts.


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Red Robin (3) : The Hit List

The Hit List est le titre du troisième album de la série Red Robin, dont il compile les numéros 13 à 17 parus entre fin 2010 et début 2011. Il fait suite à The Grail et Collision, les deux premiers albums j’ai déjà dit beaucoup de bien ici. J’ai un attachement particulier à cette série qui donne la place d’honneur à Tim Drake, mon (ex-)Robin favori et l’un de mes personnages préférés (si ce n’est mon préféré) de la franchise Batman.

Après ses voyages à la recherche de Bruce Wayne, Tim Drake est de retour à Gotham où il doit retrouver sa place, autant dans sa vie personnelle que dans sa vie d’héros en costume. Son identité secrète est menacée par la journaliste Vicky Vale, ses (fausses) fiançailles avec Tamara Fox sont annoncées dans les médias, et ses relations avec ses proches sont compliquées par sa longue absence. Avec tout cela, il doit déterminer où il va désormais vivre, ce qu’il va faire, comment le faire, et avec qui le faire. La fameuse hit list du titre est en fait un plan imaginé par Tim pour se débarrasser des criminels les plus dangereux de Gotham et répond à sa dernière question : contre qui le faire ?

Parmi ses cibles se trouve Lynx, une jeune femme qui dirige un gang de Gotham et avec laquelle Red Robin va entamer une relation ambigüe. Le parallèle avec la relation entre Batman et Catwoman est évident et cité explicitement par les personnages. C’est un clin d’oeil que j’ai trouvé très réussi, et qui place clairement Tim comme l’héritier de Bruce.

Cette « filiation » ne fait pas que des heureux : la relation tendue entre Tim Drake/Wayne et Damian Wayne est toujours bien présente dans cet album ; elle est toujours aussi intéressante à suivre et les piques qu’ils se sont lancent sont hilarantes. Cette rivalité fait partie des choses qui m’ont vraiment bien plu dans cet album.

J’ai bien aimé également l’équilibre entre les scènes sous le costume de Red Robin et celles en « civil ». J’ai toujours aimé les comics qui jouent beaucoup sur les identités secrètes et nous montrent autant la vie personnelle des personnages que leurs aventures costumées. Sur cet aspect, cet album est parfait car on suit à la fois les aventures de Red Robin et les difficultés de Tim dans sa vie de tous les jours.

On apprend également que Tim a pour projet d’étendre la lutte contre les criminels au-delà des murs de Gotham. Ainsi, il serait à l’initiative de Batman Incorparated, le grand projet lancé par Bruce Wayne après son retour. Les retrouvailles entre Tim et Bruce sont d’ailleurs décrites dans l’album et c’est un vrai moment d’émotion. Avec mon coeur d’artichaut, j’ai vraiment été touché quand Batman et Red Robin enlèvent leurs masques et que Bruce prend Tim dans ses bras, en pleine page. Sans oublier la planche finale où ils patrouillent ensemble en Batman et Red Robin entre les immeubles de Gotham, et où ils semblent former un nouveau duo qui pourrait coexister avec Dick Grayson (l’autre Batman) et Damian Wayne (Robin). Une perspective alléchante …