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Une vie à t’écrire est un roman de Julia Montejo, paru en 2015 dans sa version originale en langue espagnole sous le titre Lo que tango que concarte. La traduction française par Catarina Salazar vient d’être publiée aux éditions Les Escales.

Alors que l’auteur(e) m’était totalement inconnue, que la couverture et le titre me laissaient indifférent, le résumé m’a tout de suite intrigué :

Un soir, sur une plage du Pays basque espagnol, un écrivain en mal d’inspiration rencontre Amaia, une jeune femme mystérieuse. Elle est persuadée d’avoir déjà vécu au XVIIe siècle et d’avoir alors traversé les océans pour gagner l’Islande où les Basques partaient chasser la baleine. Au péril de sa vie, à une époque où les femmes n’avaient d’autres choix que l’obéissance et le silence, elle a su conquérir son indépendance et sa liberté. Là-bas, elle a rencontré Erik, son amour éternel, dont le souvenir ne cesse de la hanter. 
Amaia est-elle folle à lier ? C’est ce que commence par croire Asier avant d’être emporté par la force de son histoire. Envoûté, le jeune homme transforme le récit de cette étrange et attirante muse en roman. Le souffle des mots l’habite enfin. 

Est-ce seulement un roman qui s’écrit ou une histoire est-elle en train de naître entre ces deux âmes solitaires ?

Deux éléments dans ce résumé avaient tout pour me plaire : la présence d’un écrivain parmi les personnages principaux, et le lien avec l’Histoire avec ce personnage féminin qui croit avoir déjà vécu au XVIIème siècle. Quand un roman concilie deux de mes passions, l’écriture et l’Histoire, cela peut donner quelque chose de très bon.

Je suis donc entré dans ce roman avec beaucoup d’espoir, et autant dire tout de suite que je n’ai pas été déçu. Malgré un style pas forcément très emballant – mais que j’explique par la difficulté de l’exercice de traduction – j’ai vite été emporté par le récit, ou plutôt par le double récit, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit. D’une part, nous assistons à la rencontre entre Asier, un écrivain qui peine à écrire, et Amaia, une jeune femme perturbée. D’autre part, nous suivons le récit de la prétendue vie antérieure d’Amaia au XVIIème siècle, qui fuit son Pays Basque natal en se cachant sous le costume d’un simple moussaillon dans une expédition de chasse à la baleine dans les mers nordiques.

Les deux récits sont évidemment liés, par l’imagination conjointe de l’écrivain et de la jeune femme soupçonnée d’affabulation, voire de folie. J’ai beaucoup aimé ce travail sur l’imagination, qui peut être à la fois source d’inspiration pour l’écriture de fiction pour l’écrivain et un dangereux puits sans fond dans l’esprit du fou.

Au-delà de ce thème de l’écriture et de l’imagination, il y a également de très beaux passages dans le roman. J’ai ainsi été particulièrement marqué par un chapitre entier relatant sur plusieurs pages la traque d’une baleine par le navire de chasseurs. Ce chapitre m’a semblé aussi horrible pour ce qu’il relate que sublime dans la façon de le raconter. A mes yeux, la littérature, c’est aussi ça : savoir sublimer l’horreur. A ce titre, ce roman est une excellente oeuvre littéraire, que je conseille à tous les amoureux d’écriture, d’Histoire, et d’histoires en général.


Une vie à t’écrire, Julia Montejo

Note : ★★★★☆


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