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Il y a des livres où on entre lentement, progressivement, et d’autres où on est happé dès les premières pages. Dark fait clairement partie de cette deuxième catégorie, en tout cas pour moi. Le premier chapitre, court mais efficace, m’a pris aux tripes. Il donne le ton d’un roman qui va voguer au fil des pages entre roman d’apprentissage et récit de la formation d’un écrivain.

Le résumé proposé par l’éditeur dévoile une bonne partie de l’intrigue, mais je crois que ce n’est pas l’histoire elle-même qui fait l’intérêt de ce roman, mais la façon dont cette histoire est racontée :

Un vieil écrivain se souvient. Plus encore, il essaie de se remémorer comment il est devenu romancier. Alors lui revient en mémoire l’image du jeune homme qu’il a été, à Buenos Aires, dans les années 50 : un lycéen qui rêve d’échapper au milieu bourgeois et conservateur de ses parents. Un soir il s’aventure dans un bar où se produit une star vieillissante du tango, et quand un inconnu l’aborde, il n’hésite pas alors à se présenter sous une fausse identité. Il sera donc Victor pour Andrés, mais ce mensonge n’empêche pas ce dernier d’attendre le futur écrivain devant son lycée deux jours après leur première rencontre. Une étrange relation se tisse entre eux.
Andrés est plus âgé que Victor, il ne semble pas exercer de profession précise, seulement prendre du plaisir à emmener son jeune protégé dans des lieux insolites, lui présenter le monde interlope de la capitale argentine et lui acheter des jeans et des blousons, vêtements interdits par les parents de Victor. Une attraction qui ne dit pas son nom lie les deux hommes, et Victor est sous le charme obscur d’Andrés, jusqu’à ce que cette relation faite de non-dits et de secrets prenne brutalement fin lors d’un accident de voiture.

A vrai dire, je ne sais trop quoi dire de ce livre. C’est un roman très court (à peine une centaine de pages), l’histoire n’est pas forcément très originale, mais j’ai trouvé l’écriture très réussie, parfois sublime. Le narrateur est un écrivain argentin au crépuscule de sa vie, qui se remémore son adolescence et sa rencontre avec un quadragénaire avec lequel il va se lier d’amitié. Celui-ci va lui faire découvrir un visage de la ville dont il ignorait l’existence, et l’adolescent va progressivement s’éloigner de ses parents issus de la bourgeoisie conservatrice. Ce récit d’apprentissage est sans surprise mais s’accompagne intelligemment d’un deuxième fil qui relate comment les expériences vécues par l’adolescent aux côtés de son compagnon plus âgé vont nourrir l’écrivain qu’il deviendra.

Après Jeux de miroirs que j’ai lu juste avant et dont j’avais parlé ici, je continue donc sur ma lancée avec un autre roman qui mêle récit classique et réflexion sur l’écriture et la fiction. Je crois que j’ai définitivement un faible pour ce thème, à moins que ce soit ce thème qui ait le don de donner d’excellents romans.


Dark, Edgardo Cozarinky

Note : ★★★★☆


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