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Je dois d’abord préciser que mon exemplaire (en version Kindle) de ce livre m’a été offert par l’éditeur par l’intermédiaire de NetGalley.fr, une plateforme qui propose de mettre en relation des éditeurs et des lecteurs dits « professionnels » (libraires, bibliothécaires, journalistes, blogueurs, etc.). L’intérêt pour le lecteur est évidemment de découvrir des livres en avant-première ou en tout cas parus récemment, et pour l’éditeur d’espérer la promotion à faible coût de ses parutions. Ceci étant dit, mon avis sur ce livre, et sur d’autres que j’aurais l’occasion de découvrir de la même façon, restera totalement objectif. Je ne suis nullement engagé auprès de l’éditeur à dire du bien du livre.

Je connais Hélène Risser, l’auteur(e) de ce roman, depuis maintenant pas mal d’années. Je l’avais découverte comme chroniqueuse dans « Arrêts sur Images », l’émission de Daniel Schneidermann, à l’époque où elle était diffusée chaque dimanche midi sur France 5. Je l’ai ensuite revue dans « Déshabillons-les », une émission de décryptage de la communication politique sur Public Sénat. Je ne connaissais par contre pas encore la romancière Hélène Risser, mais c’est avec curiosité que j’ai commencé à lire ce roman, son troisième à ce jour.

L’éditeur présente ce roman par ces quelques phrases :

Fascinée par la responsable politique Noémie Leblond, une journaliste décide de mener l’enquête. Un subtil double portrait de femmes tout en échos qui interroge la place des femmes dans la société. Rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension politique de Noémie Leblond. Femme dans un monde d’hommes, elle domine toutes les situations – ambition, séduction, pouvoir, maternité. En pleine course pour la présidentielle, une journaliste se met à enquêter sur cet intrigant animal politique. Envahie peu à peu par une fascination qui dépasse largement les jeux et enjeux de pouvoir, elle est conduite à explorer ses propres fragilités, jusqu’à l’enfance. Jusqu’où ira-t-elle pour mener à bien cette expérience ?

Un double portrait de femmes tout en subtils échos.

Au-delà du nom de l’auteur, j’ai été attiré par ce livre car il parle de politique, un thème qui m’intéresse toujours beaucoup, même s’il n’est pas toujours traité avec subtilité dans la littérature de fiction. La première difficulté de l’exercice, c’est de faire la distinction, pour l’auteur comme pour le lecteur, entre fiction et réalité. J’ai ainsi passé un long moment à me demander quelle femme politique réelle avait servie de modèle pour le personnage de Noémie Leblond. Certains passages m’ont évoqué Nathalie Kosciusko-Morizet, d’autres m’ont fait penser à Rachida Dati. Peut-être cette façon de brouiller les pistes est-elle volontaire de la part d’Hélène Risser, mais j’aurais peut-être préféré que le personnage soit totalement imaginaire pour que je puisse m’intéresser pleinement au récit sans être perturbé par mes interrogations sur le rapport à la réalité.

La narratrice, qu’on devine être en grande partie Hélène Risser elle-même, nous parle du pouvoir et de féminité, et des liens entre les deux. Elle évoque également longuement le thème de la folie et de la psychiatrie. Le récit lui-même est intéressant, même s’il n’est pas révolutionnaire. J’ai lu les 256 pages du roman avec plaisir, sans m’ennuyer. Il y a quelques passages moins bons que d’autres, à cause du style parfois ampoulé de l’auteur qui semble parfois jouer à l’écrivain, mais sur la durée c’est une lecture plutôt plaisante.

Mon plus gros regret est que l’épilogue arrive trop vite. En parvenant à la fin du roman, j’ai pensé que celui-ci aurait pu sans problème se poursuivre sur une cinquantaine voire une centaine de pages supplémentaires. Cela aurait permis de continuer à explorer les vies de la narratrice et de Noémie Leblond et d’approfondir la relation entre les deux femmes. Dire qu’on regrette qu’un livre soit trop court pourrait sembler être le meilleur compliment qu’on puisse faire, mais en réalité cela dit beaucoup de celui-ci : il n’aborde certains sujets que superficiellement, et c’est vraiment dommage. J’ai ainsi terminé ma lecture avec une sensation d’inachevé, ce qui n’est jamais agréable.

Malgré tout, je pense garder un bon souvenir de ce roman et je vais sans doute me pencher sur les deux premiers romans d’Hélène Risser pour voir s’ils pourraient également m’intéresser.


La plus folle de nous deux, Hélène Risser

Note : ★★★☆☆


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