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Voici l’exemple parfait d’un roman qui me faisait de l’oeil depuis des années dans les rayons des librairies ou dans les recommandations d’Amazon, et qu’après avoir lu je regrette d’avoir mis autant de temps avant de le faire. Je crois que c’est encore une critique très positive sur Goodreads qui m’a poussé à enfin acheter et lire ce livre.

Je ne connaissais pas Nina Bouraoui auparavant, j’ai découvert son style avec ce roman et je dois dire que je suis plutôt emballé. Son écriture est fluide, parfois poétique, je me suis laissé emporté par le flux et le reflux de ses phrases. Je ne sais pas si on retrouve ce style dans ses autres romans, mais il est en tout cas parfaitement adapté aux pensées lancinantes du narrateur adolescent.

Puisque je parle du narrateur, il faut sans doute que je vous dise de quoi parle ce roman. Il me semble que la quatrième de couverture le fera mieux que moi :

C’est l’histoire d’un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d’une cité. C’est l’histoire d’un été, saison dangereuse et violente. C’est l’histoire de Jérémie qui s’ennuie et de son obsession pour Sami. L’histoire d’une désertion aussi. Il n’y a aucun espoir amoureux dans ce livre, parce que le corps prend tout, il est invasion de tout. C’est le feu, c’est l’attente, c’est la frustration. C’est le vide et le vertige. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir. 

Le résumé de l’éditeur parle de frustration, de vide, de vertige. C’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant les 89 pages de ce court roman. Tout tourne autour  du désir et des sentiments de Jérémie : le désir pour son ami Sami, et pour les garçons ou hommes en général ; les sentiments de solitude et d’abandon par sa mère hôtesse de l’air et son père absent, parti vivre dans le Sud.

La relation mère-fils est au coeur du récit, avec cette mère qui semble absente même quand elle est présente. Il me semble qu’on ne l’entend jamais s’adresser à Jérémie, ou à de très rares occasions. Il y a une distance entre eux qui transparaît parfaitement et qui renforce le sentiment de solitude exprimé par le narrateur.

L’autre sujet récurrent tout au long du roman, c’est le désir. Le désir pour Sami, cet ami dont Jérémie s’est éloigné faute de pouvoir obtenir de lui les gestes et la passion qu’il convoitait. Le désir pour les hommes en général, que ce soit pour le petit dealer qui le fournit en shit ou pour le nouveau petit ami de sa mère. L’auteur exprimé très bien ce désir obsédant ressenti par un adolescent, de surcroît homosexuel, qui fantasme sur ce qu’il ne peut toucher. Il y à la fois de la poésie et du réalisme dans l’écriture de Nina Bourauoi sur ce thème du désir, c’est saisissant.

J’ai retenu deux extraits particulièrement réussis à mes yeux :

Aimer les hommes, c’est faire le vide autour de soi parce que l’on n’est pas comme les autres, c’est franchir la frontière, c’est regagner sa liberté, c’est devenir celui qu’on a chassé. Aimes les hommes, c’est mon plus grand silence, et la plus grande guerre que je doive mener. Je veux gagner, je veux être parmi ceux qui me ressemblent.

Je tiens Sami dans ma main, l’oubli n’existe pas, et je garde le garçon de mes rêves sous ma peau comme une épine que je n’ai pas envie d’enlever.

Ce roman m’a beaucoup plu. C’est une histoire simple mais magnifiquement écrite. Cela me donne envie de lire d’autres romans de Nina Bouraoui, même si leurs thèmes me parleront peut-être moins. Je pense en tout cas jeter un œil à sa bibliographie pour voir si un de ses livres me tente. Je vous tiendrai au courant …


Avant les hommes, Nina Bouraoui

Note : ★★★★☆


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2 commentaires sur « Avant les hommes »

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