J’ai lu récemment plusieurs livres qui m’ont plus ou moins marqué et je n’en ai pas parlé ici. Je vais essayer aujourd’hui de rattraper mon retard, car certaines lectures valent vraiment le coup d’être évoquées.

Tout d’abord, Histoire d’un allemand de Sebastian Haffner. Jeune magistrat stagiaire à Berlin, l’auteur a vécu de près la montée du nazisme avant de s’exiler quelques mois avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Après avoir vécu seize ans en Angleterre, il est rentré en Allemagne en 1954 où il poursuivit sa nouvelle carrière de journaliste et d’historien. Dans ce récit autobiographique, Sebastian Haffner nous raconter son enfance pendant la Première Guerre Mondiale, son adolescence sous la République de Weimar et ses débuts dans la vie active sous le nouveau régime nazi. Sans concession pour ses compatriotes et pour lui-même, il tente d’expliquer comment l’Allemagne s’est donnée aux nazis. C’est un témoignage, personnel, éclairé et sans angélisme, sur la naissance du Troisième Reich. J’ai trouvé cela passionnant et différent de toute la littérature déjà vue et lue sur cette période. A lire pour ceux qui s’intéressent à cette époque sombre de l’Histoire.

Ensuite, Olivier de Jérôme Garcin. Journaliste quinquagénaire, il s’adresse dans ce roman à Olivier, son frère jumeau décédé à l’âge de six ans. Il nous raconte la perte et la vie sans son « double » auquel il s’adresse directement tout au long du livre. Je n’ai pas particulièrement accroché au style de l’auteur, qui a parfois tendance à s’écouter parler (ou plutôt écrire, mais l’ensemble est touchant. Cela en fait un roman pas tout à fait inoubliable mais suffisamment marquant pour que j’ai envie de le relire dans quelques mois ou quelques années. C’est déjà un bon signe.

J’ai poursuivi avec La septième vague, de Daniel Glattauer. Il s’agit de la suite, un peu laborieuse et bien moins intéressante, de Quand vient le vent du nord. L’auteur surfe sur le succès du premier roman pour nous proposer une suite qui se lit facilement mais surprend moins que le précédent. Leo et Emmi reprennent leurs échanges épistolaires et poursuivent leur drôle d’histoire entamée dans le premier volet. C’est sans surprise, souvent prévisible, parfois carrément ennuyant, et globalement sans vraiment de saveur. Un bon divertissement, sans plus.

Enfin, je viens de terminer Le tombeau de Tommy, d’Alain Blottière. Peut-être ma révélation depuis le début de l’année. Un très bon souvenir en tout cas. Nous y suivons un double récit : celui de la vie du jeune Thomas Elek, dit Tommy, lycéen, juif hongrois, jeune résistant et membre du groupe Manouchian ; et celui du tournage d’un film sur Tommy, dont les traits sont interprétés par Gabriel, un jeune lycéen parisien qui va être fasciné par le jeune homme qu’il doit incarner devant la caméra. Le narrateur, réalisateur du film, va s’attacher à Gabriel et assister à sa descente aux enfers sans pouvoir – ou vouloir ? – intervenir. Si le récit contemporain est intéressant et donne du reflet au reste, c’est surtout le destin de Thomas Elek qui m’a marqué. Bien moins connu qu’un Guy Môquet dont nous avons beaucoup entendu parler ces dernières années, « Tommy » reste un personnage incroyable et mémorable. Comme ce livre, sublime.

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8 commentaires sur « Lectures (en vrac) »

  1. J’ai lu un Garcin, l’an dernier, L’écuyer mirobolant, j’ai trouvé comme toi que l’auteur aimait beaucoup se regarder parler, et l’histoire ne m’a pas un brin intéressé. Apparemment, il n’écrit que sur les chevaux et sur son frère disparu. J’avoue que je ne suis pas du tout parti pour en essayer un autre.

    La septième vague, ça vole vraiment pas haut, mais ça m’a rappelé quand je lisais le premier en vacances à Londres, et je me suis encore une fois laissé prendre dans l’histoire. Comme tu dis, ça ne vaut pas vraiemtn le coup, mais j’ai quand même bien aimé (mon côté midinette… ^^)

    Et Le Tombeau de Tommy, je t’en ai déjà dit tout le bien que j’en pense sur Sens Critique. Merveilleux !
    (d’ailleurs, je te ferai part par message d’une anecdote rassemblant Garcin et Blottière).

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  2. Je confirme pour Haffner: un excellent roman sur une période trouble qui éclaire beaucoup de choses. Très bonne traduction et un regard enrichissant qu’on oublie pas.

    Dans ce même registre, il faut lire Le Monde d’Hier de Stefan Zweig. Plus nostalgique, plus prétentieux dans son ambition et ses souvenirs, mais tout aussi primordial à notre compréhension d’un monde qui n’existe plus et d’une culture totale qu’on ne semble pas devoir revivre de sitôt.

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