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Je voudrais être quelqu’un d’autre

Je voudrais être quelqu’un d’autre.

En disant cela tout à l’heure, Choubidou ne pouvait pas deviner que j’étais dans le même état d’esprit, que j’aurais pu dire la même chose, mot pour mot. Du coup, cette simple phrase m’a plongé dans un abîme de tristesse, j’ai été submergé par une vague de désespoir comme je n’en avais plus connu depuis quelques semaines. Parce que moi aussi, je voudrais parfois être quelqu’un d’autre.

Je voudrais être capable de parler à celles et ceux que je viens tout juste de rencontrer, ne plus être inhibé lors des premières rencontres, trouver facilement des sujets de conversation et ne pas ressentir cette barrière face aux inconnus. J’aimerais ne pas m’enfermer dans ma coquille quand je me retrouve au restaurant dans un groupe où je ne connais pas tout le monde. Je voudrais être à l’aise plus rapidement et que ma réserve ne soit pas interprétée comme de la froideur alors que c’est tout le contraire.

Je voudrais être capable d’attirer les regards autrement que par la particularité de mon bras droit. J’aimerais, un jour, croiser un regard où je ne lirais pas – à tort ou à raison – de la curiosité, de la pitié ou du dégoût. Je voudrais, parfois, passer inaperçu dans la foule, là où tant se battent pour être remarqués. Moi, j’aimerais juste ne pas être si reconnaissable au premier coup d’oeil. Devenir l’homme invisible, ou être visible pour d’autres raisons.

Je voudrais être moins sensible, moins émotif. Ne plus pleurer bêtement dès qu’une émotion devient trop forte, ne plus passer du rire aux larmes en l’espace de quelques secondes. J’aimerais apprendre à mieux contrôler mes émotions, à gérer mon stress. Je voudrais être moins angoissé face à l’inconnu, ne plus considérer chaque pas en avant comme un saut dans le vide. J’aimerais avancer naturellement, sans me poser de question, sans me remettre en cause en permanence.

Je voudrais être quelqu’un d’autre. Moins timide. Moins angoissé. Comme les autres.

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  1. 27 juin 2010 à 01:52

    Eh bien, si tu étais tout ça d’un seul coup, ce ne serait tout simplement plus toi! Ce qui n’empêche pas de vouloir améliorer certains traits de caractère ou de personnalité. Et puis être comme les autres serait peut-être plus simple, mais certainement pas aussi valorisant! S’accepter tel qu’on est demande tout un travail, je ne suis pas certain qui j’y arrive complètement moi-même, mais au moins j’essaie!

    • 27 juin 2010 à 09:39

      Je suis un garçon compliqué et paradoxal. Je voudrais être comme les autres mais je suis fier du chemin que j’ai parcouru depuis l’adolescence. Il manque dans ce billet deux ou trois paragraphes sur les choses dont je suis fier, mais ce n’était tout simplement pas mon humeur d’hier soir …

  2. 27 juin 2010 à 09:14

    Je ne suis pas sûr que le miroir dans lequel tu te regardes ne soit pas déformant, car les autres ne te voient probablement pas ainsi.
    Bisous

    • 27 juin 2010 à 09:40

      C’est probable. C’est aussi quelque chose que j’aimerais changer chez moi : je me juge toujours plus durement que ne le font les autres. Le pire, c’est que j’en ai conscience …

  3. 27 juin 2010 à 11:30

    C’est bien normal, et finalement plutot sain que tu sois dur avec toi-même, mais il faut savoir lâcher prise aussi, ça ne se fait pas tout seul, mais quand tu y arrives c’est assez chouette. Parfois, tu régresses, tu as tes limites (j’en ai moi même pas mal), mais au bout du compte tu arrives a être assez fier de toi.
    Et il faut garder ces victoires pour y repenser et s’en nourrir…
    Mais c’est bien aussi d’écrire son bad mood, ca permet de s’en débarrasser – un peu …

  4. James97
    27 juin 2010 à 11:38

    … si tu en as conscience, c’est déjà une qualité.
    Apprendre à se connaître, savoir où sont ses faiblesses, c’est une force !
    Vouloir « être quelqu’un d’autre », ne serait-il pas en fait, apprendre à « gérer » ses faiblesses, ses gênes, ses doutes et les transformer en ses propres forces. Et comme elles deviennent partie de soi, ne plus s’en rendre compte ?

    • 27 juin 2010 à 13:31

      Cher « James » ;-)

      Après trente années passées avec certaines de mes faiblesses, il est évident que j’ai appris à vivre avec, et parfois à les transformer en forces. Il y a juste des moments, comme hier soir, où la naturel reprend le dessus. Le simple fait de mettre des mots sur mes doutes produit déjà l’effet voulu : exorciser et s’en débarrasser, jusqu’à la prochaine fois.

  5. James97
    27 juin 2010 à 21:40

    :-)
    je ne faisais qu’une tentative de « théorisation »… ;-) pas une leçon de classe ^

  6. 29 juin 2010 à 23:02

    J’ai, moins qu’avant mais quand même, toujours du mal à aborder ceux que je ne connais pas. Et même si je connais des gens, en grand groupe, je vais me mettre en retrait… Une impression d’être parfois trop spectateur.

    @ CDDB: « il faut savoir lâcher prise aussi » : oui, bourrons nous la gueule plus souvent ;)

  7. Northstar
    3 juillet 2010 à 15:37

    Pas facile d’être super émotif.
    C’est rigolo, je me suis vachement reconnu, monde de brutes, monde bizarre, monde pas fait pour moi.
    Je sais pas si ça vient du fait qu’on est gay, mais ça doit jouer.
    « Comme les autres. »
    Mais comme qui? Personne n’est parfait. C’est vrai qu’il existe des personnes avec plus d’aplomb, qui avancent au milieu des gens comme des poissons dans l’eau alors que d’autres ne voient que des requins.
    Mais ils auront du mal ailleurs, où ces autres mêmes personnes s’en sortiront mieux.
    Un jour quelqu’un m’a dit que cette sensibilité exacerbé permet de mieux comprendre les gens et d’être plus sensible à beaucoup de choses.
    Et que le revers de la médaille était qu’on se faisait très facilement blesser par des choses d’apparences anodines.
    C’est pesant parfois, c’est une chance souvent.

  8. 3 juillet 2010 à 15:55

    J’aimerai ne pas être empathique, seulement ça, pas empathique.

  9. Anonyme
    7 juillet 2011 à 17:27

    Ton article correspond exactement a ce que je ressens.

  10. Anonyme
    20 août 2011 à 14:42

    Je suis hétéro et j’ai la même sensation

  11. Zaebos83
    20 juillet 2012 à 01:02

    Je ressens aussi les mêmes choses, mot pour mot ! C’est infernal de subir cette vague de désespoir et ce qui est encore pire c’est de savoir qu’elle va revenir pour refaire un carnage ! Je suis entrain de la subir et comme d’habitude je prie pour que ça passe le plus vite possible !

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