Quand souffle le vent du nord

Daniel Glattauer est un journaliste et écrivain autrichien, né à Vienne au tout début des années soixante. Quand souffle le vent du nord était en 2006 son septième roman publié en allemand, mais c’est seulement le premier traduit dans la langue de Molière, la traduction française venant tout juste d’être édité par Grasset. Au vu de ce que je viens de lire, c’est bien dommage car sa bibliographie recèle sans doute d’autres pépites qui mériteraient de toucher un lectorat plus large.

L’histoire de ce roman m’a tout de suite séduit lorsque j’ai lu la quatrième de couverture dans les rayons de mon agitateur culturel préféré :

Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ?

Leo Leike reçoit par erreur un mail d’un inconnue, Emmo Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s’excuse et, peu à peu, un dialogue s’engage, une relation se noue. Au fil des mails, ils éprouvent l’un pour l’autre un intérêt grandissant.

Leo écrit : « Vous êtes comme une deuxième voix en moi qui m’accompagne au quotidien. »

Emmi admet : « Quand vous ne m’écrivez pas pendant trois jours, je ressens un manque. »

Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d’un chagrin d’amour. De plus en plus attirés l’un par l’autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre …

C’est donc en quelque sorte une version moderne des romans épistolaires très prisés au XVIIIème siècle. Dans celui-ci, nous assistons à la « rencontre » de Leo et Emmi et nous suivons l’évolution de leur relation pendant plus ou moins un an. Dans le fond, c’est une relation qui traverse des étapes relativement habituelles : la découverte, la séduction, les tensions, les grandes déclarations, les pauses, les ruptures, définitives ou non. Là dessus, rien de bien original ni de passionnant. Ca ressemble à un roman d’amour comme tant d’autres. Cela ne s’arrête pas là, heureusement.

La relation de Leo et Emmi est tout de même une drôle de relation, basée sur une distance qui facilite les confidences et les fantasmes les plus fous – érotiques ou simplement sentimentaux. C’est là toute la force de ce re roman, qui pose une question simple : peut-on tomber amoureux d’un correspondant avec lequel on ne communique que par écrit, d’une voix entendue au téléphone ? J’ai ma propre réponse à cette question, mais chaque lecteur y répondre à sa façon, avec son vécu et ses convictions.

Cela fait du bien de lire une histoire d’amour qui sorte des sentiers battus, qui évite les clichés et aborde le sujet avec intelligence. J’ai dévoré le dialogue de Leo et Emmi, impatient de savoir ce qui allait leur arriver, comment cela allait se terminer. Je n’ai pas vraiment été surpris par le dénouement, même s j’ai ressenti un pincement au coeur en tournant la dernière page. J’espère que ceux d’entre vous qui tenteront l’aventure ressentiront la même chose.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

Grasset, ISBN 978-2-246-76501-1

Note : ★★★★/☆☆☆☆☆

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Un commentaire sur « Quand souffle le vent du nord »

  1. Je l’ai acheté juste avant de prendre l’avion pour Londres. Lire ce roman en vacances à l’étranger ajoute au plaisir qu’il procure ! C’est frais, c’est agréable, c’est tranquille, sans prise de tête, mais ce n’est pas de la sous-littérature, ce n’est pas de la chick-litt, c’est juste bon !
    si tu veux lire mon avis : http://culturez-vous.over-blog.com/article-daniel-glattauer-quand-souffle-le-vent-du-nord-roman-epistolaire-340-pages-grasset-mars-2010-18-49740974.html

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