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Des doutes

Cela fait un moment que je n’ai pas publié un billet vraiment personnel ici. J’ai beaucoup écrit récemment sur les livres que j’ai lus, sur les films que je suis allé voir au cinéma ou que j’ai (re)vus en DVD. Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit aussi régulièrement mais dans le même temps je crois que je n’ai jamais écrit d’une façon aussi impersonnelle, sans parler vraiment de moi et ce qui occupe mes pensées.

Ceux qui me suivent sur Twitter ont peut-être remarqué que mon moral n’est pas toujours au beau fixe depuis quelques semaines. J’y parle souvent du coup de cafard du dimanche soir et de mon manque de motivation au travail. Cela va au-delà d’une simple et banale complainte de fin de week-end. Je dois le reconnaître : je ne vais pas bien.

Pendant des années, mon travail a été épanouissant. Malgré le stress, la pression, les journées bien remplies, les trajets en train ou en avion et les nuits passées à l’hôtel, j’y trouvais mon compte. Parce que je progressais, parce que je continuais à apprendre. Cette évolution était mon moteur. Aujourd’hui, ce moteur est cassé. Je ne pense pas avoir fait le tour de ce que j’avais à apprendre, mais plutôt avoir face à moi un gouffre impossible à franchir. Jusque là, j’avais progressé avec beaucoup d’efforts et d’investissement personnel mais de façon relativement naturelle ; je suis maintenant arrivé à un point où je dois aller au-delà et me mettre véritablement en danger, dépasser des craintes et des limites contre lesquelles je ne suis pas persuadé de pouvoir lutter. Les responsabilités que j’ai acquises me paraissent désormais trop lourdes pour mes maigres épaules.

Je ne sais pas exactement quand cela a commencé mais je m’en suis rendu compte après les fêtes de fin d’année : après deux semaines de vacances, j’ai eu un mal fou à reprendre le travail. Quand je parle de « mal fou », je parle d’une véritable souffrance. Une souffrance qui n’a fait qu’empirer et a poussé mon médecin à m’arrêter quatre jours fin janvier pour prendre un peu de recul. En reprenant le travail, j’ai eu l’occasion de discuter de mes difficultés et de mes craintes avec quelqu’un, et le mois de février s’est mieux passé. Pourtant, tout a recommencé cette semaine. Je suis à nouveau terrifié par la pression, par les décisions à prendre, par les responsabilités qui m’incombent. Je sens que je ne suis à nouveau proche de la chute.

Je disais que je ne sais pas exactement quand cela a commencé mais je suis tout de même capable d’identifier un moment-clé où le doute a commencé à m’envahir. Cet automne, j’ai participé à une formation dédiée aux managers de ma boîte. Le groupe était soudé, sympathique, mais je ne m’y suis jamais vraiment senti à l’aise. Je me suis très vite senti différent, je n’avais pas leur aisance, leur capacité à dépasser leurs limites. Je suis sorti de cette formation avec un gros doute au fond de moi : étais-je vraiment fait pour être chef de projet ?

Aujourd’hui, j’ai peur de connaître la réponse. Tout cela n’est pas pour moi. Je me suis lancé dans une aventure qui ne me ressemble pas, qui me demande des efforts que je ne suis pas capable de faire. Il faudrait que je fasse tomber des barrières qui sont trop hautes. C’est difficile pour moi d’admettre cela, de toucher mes limites et de réaliser que j’ai échoué.

Et maintenant, que dois-je faire ? Je ne sais même pas d’où vient le problème : suis-je démotivé parce que je suis en difficulté ou en difficulté parce que je ne suis plus motivé ? Faut-il que je change de fonction en restant dans le même domaine d’activité ou changer totalement de métier ?

Tout cela me bouffe, me gâche la vie. J’ai trente ans et je me demande encore ce que j’ai envie de faire de ma vie.

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  1. 7 mars 2010 à 20:37

    Est ce que tu te demandes vraiment ce que tu veux faire de ta vie, où est ce que tu le sais, mais ne veux pas y penser?

  2. 7 mars 2010 à 20:51

    J’ai l’impression d’être passé exactement par les mêmes interrogations il y a un peu plus d’un an ;) et depuis mon passage dans le monde commercial (pre-sales), tout va mieux !
    (http://wp.me/p4tE1-aA)

  3. Northstar
    8 mars 2010 à 00:51

    Hé, hauts les coeurs!
    Ne jamais baisser les bras, toujours se battre. Une épreuve n’est jamais insurmontable!
    Le travail, c’est comme les amours, quand on se sens perdu, on remet tout en question. Si tes pas t’ont guidé jusqu’à ce boulot, je doute que ce soit par hasard. Alors faut relever la tête, se donner à fond, et au final tu verra bien ce qu’il en a été.
    Je pense, et c’est mon humble, avis, que si on t’a confié une tache, c’est qu’on croit en toi. A toi de te surpasser!
    Après, c’est pas une question d’âge, certains mettent toute une vie à trouver pour quoi ils sont fait, et la plupart même jamais. Je ne crois pas que le pauvre mec qui finit éboueur l’ait fait par vocation.
    Mais si jamais tu ne te sens plus bien dans ton milieu, il n’est jamais trop tard pour changer. Il vaut mieux ça que finir déprimé par un boulot inintéressant.

  4. 8 mars 2010 à 17:44

    Je partage l’avis de mes prédécesseurs, rien n’est insurmontable. On est nombreux à être passé par là, soit à changer complètement de voie, soit à aller voir ailleurs si les cieux y sont meilleurs. Bienvenue au club de ceux qui y cogitent ^_^

    Il n’y a néanmoins pas de réponses universelles à tes questions, toi seul a le pouvoir de les rechercher : tu as devant toi un gros travail d’introspection. Je suis plutôt rassuré par ce que tu écris, car tu es lucide et tu te poses les bonnes questions.

    L’un des noeuds du problème semble être l’orientation que prend ton job : tout le monde n’a pas forcément l’âme d’un manager, c’est une question de caractère. Accessoirement, il faut être prêt pour cela et vraiment le souhaiter. Le déphasage entre sa personnalité et le quotidien du travail ne doit pas être trop important, sinon effectivement, tu ne tiendras pas sur le long terme. Je n’ai aucun doute sur le fait que tu sois capable, sinon on ne t’aurait pas demandé de le faire, mais en as-tu envie ?

    Puisque tu vas au boulot à reculons, il faut que tu arrives à pointer la source de ton trouble ; plus facile à dire qu’à faire, c’est sûr… Es-tu particulièrement attaché à ta boite ? Aimes-tu le coeur de ton métier, celui qui t’a fait choisir cette voie (pas ce que tu fais en ce moment) ? Est-ce juste ton poste actuel qui te déstabilise ?

    On passe beaucoup de temps au boulot, c’est tout simplement vital d’être en phase avec son job. Et quand cela ne va pas au point de te miner, il ne faut pas hésiter à agir : surtout, ne pas rester spectateur de sa vie. A 30 ans, tu as encore une longue carrière pleine de rebondissements et de projets fantastiques !

  5. 16 mars 2010 à 09:23

    Je suis aussi dans une remise en question, parce que mon poste a changé et a perdu de son intérêt. J’apprends peu, et ne m’épanouis plus, rien de grave pour l’instant ceci dit, et mon chef est au courant que j’ai mis mon CV à jour cette semaine…
    Ceci étant, je ne sais toujours pas ce que je ferai si je n’avais aucune contrainte financière. Or, répondre à cette question est sans doute un bon moyen de trouver sa voie.
    Bon courage à toi en tout cas

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