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D’un Terrien en Détresse à un Blogueur Amnésique

Je t’avais perdu de vue, sans doute parce que tu voulais disparaître. Je t’ai retrouvé, sans doute parce que tu as commencé à semer des cailloux pour être retrouvé. J’ai lu les billets de ton nouveau blog, un à un. Je sors de cette lecture le coeur lourd, abattu par ce que tu y as écrit, marqué par certaines phrases que j’y ai lues. J’ai lu et j’ai eu envie de réagir. Pas pour t’aider, je n’ai pas la prétention de pouvoir réussir là où tes amis ont échoué. Je t’écris sans vraiment savoir pourquoi. Juste pour partager une peine que je comprends, ou que je crois comprendre. Même si mes symptômes sont différents des tiens.

Je suis le contraire d’un amnésique. Je suis celui qui se souvient. Celui qui n’a oublié aucune émotion, aucun battement de coeur. Celui qui n’a oublié aucun garçon. Ni le Premier, dont je porte encore le deuil. Ni le Lycéen, enseveli deux fois sous une montagne de regrets. Ni le Montpelliérain, qui m’a redonné le sourire et le plaisir d’aimer le temps d’une parenthèse, d’une transition. Ni le Gamin, qui a tant abusé de mes sentiments sans être sur la même longueur d’onde. Ni l’Eternel, tour à tour amant et ami mais que je ne saurai jamais aimer comme il le faudrait. Ni le Comédien, qui a souffert deux fois de ma lâcheté et pour lequel je n’aurai jamais assez de mots pour m’excuser. Ni le Breton, qui sentait bon les crêpes au citron mais que j’ai contraint à la Distance. Ni Lui, dont la simple évocation suffit à faire trembler mes mains, mon corps entier, mon coeur.

Je suis le contraire d’un amnésique. Je suis celui qui se souvient. Celui qui se souvient de tout. Des débuts, des milieux, des fins. Des avants, des pendants, des après. Des bons et des mauvais moments. Des joies et des peines. Des disputes et des réconciliations. Des rires et des larmes. Des sourires et des regards lourds. Des réveillons de Noël et des soirs de septembre. Des choux et des coeurs. Des promesses et des déceptions. Des colères et des excuses. Du vertige en haut d’une tour, des averses au bord d’un étang. Des départs à deux et des retours à un plus un. Des semaines d’attente et des retrouvailles. Des erreurs et des leçons. Des lettres et des réponses. Des ruptures qui n’en sont pas et des ruptures qui durent. Des colis, des bracelets perdus, des anneaux, des doigts à nouveau dénudés. Des clefs et du trousseau vide. Des messages et des silences. Du silence et du manque.

Je suis le contraire d’un amnésique. Je suis celui qui se souvient et voudrait oublier. Nous pourrions échanger nos Super-Pouvoirs. Tu m’apprendrais à oublier, je t’apprendrais à te souvenir. Dis-moi que tu veux bien …

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  1. Oslo
    28 juillet 2009 à 00:37

    Il y avait un très grand garçon blond qui me disait sans cesse « il faudrait t’accrocher plus fort si tu veux t’accrocher encore à mon cou ». Et puis il est parti.

    Il y avait celui qui me disait sans cesse « je n’aime que toi, toi, toi ». Et puis il est parti.

    Il y avait celui qui me disait qu’il ne manquait pas « de bonnes raisons pour m’aimer pourquoi me les donner ». Et puis il est parti.

    Il y avait celui qui malgré tout continuait à venir me lire tous les jours pourquoi revenait-il « si tard » ? Il était parti.

    De tout ceux-là « j’ai cru entendre je t’aime. » Mais c’était du vent.

    Aujourd’hui encore je suis celui qui pleure « les yeux au ciel ».

    C’est pour oublier tout ça que je me suis enfui quitte à en perdre la mémoire.

  2. Aymeric
    29 juillet 2009 à 20:24

    Je ne sais pas qui est ce blogueur amnésique mais je crois savoir qui est le Breton ;-)

    Puisque ce billet et le premier commentaire rendent hommage aux Chansons d’Amour de Christophe Honoré, je vais essayer de continuer sur la même lancée. Le Breton n’a jamais caché qu’il préférait la pluie et l’océan au génie de la Place de la Bastille mais il aurait voulu avoir une chance de laver ta mémoire sale. Aimer pour la beauté du geste, croquer la pomme à pleine dent, sans avoir peur de se casser les dents ou de s’écorcher les lèvres.

    J’espère que le Terrien en Détresse sait qu’il sera toujours le bienvenu au pays des crêpes au citron …

  3. 29 juillet 2009 à 22:26

    Je vous regarde, je n’ai pas tout compris, mais le terrien comme l’amnésique ont une grande capacité à m’émouvoir.

  4. 17 août 2009 à 17:47

    J’ai eu l’impresion de me lire dans un miroir de A à Z en parcourant ta note, mais c’est le dernier paragraphe qui me plaît le plus.
    « apprendre à oublier » : que ce serait bon, putain… J’essaie sans cesse de me dire qu’il y aurait des inconvénients énormes à ce « pouvoir » comme tu l’appelles, mais sans grande conviction. Les avantages seraient majoritaires. Sûr.

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