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A Game of Thrones (Le Trône de Fer 1-2)

3 novembre 2009 Laisser un commentaire
A Game of Thrones

A Game of Thrones

A Game of Thrones est le premier volume de la saga “A Song of Ice and Fire” de l’auteur américain George R.R. Martin. Paru en 1996, ce roman a apporté un peu de sang neuf et un souffle nouveau dans le monde de la fantasy. Certains y voient même une véritable révolution, je me contenterais de parler de renouvellement bienvenu et très réussi pour un genre parfois convenu et insipide.

En français, le premier tome A Game of Thrones a été traduit en deux volumes distincts intitulés “Le Trône de Fer” et “Le Donjon Rouge”, c’est pourquoi j’ai sous-titré mon billet par “Le Trône de Fer 1-2″. J’ai découvert cette saga en français, je crois avoir lu en VF les 5 premiers volumes, qui correspondent aux 2 premiers tomes en VO : A Game of Thrones dont je parle dans ce billet et A Clash of Kings que je relis actuellement et dont je parlerai ici prochainement. Depuis, j’ai recommencé ma lecture de la saga en VO et j’ai relu plusieurs fois les 4 tomes parus à ce jour : je connais donc mieux les termes VO qu’en VF, ce sont donc ceux-là que j’utiliserai dans ce billet si je ne me souviens pas de leur traduction dans la version française.

L’action de A Game of Thrones se déroule dans un monde médiéval-fantastique mais la dimension fantastique y est très discrète, au profit des intrigues entre les différentes factions qui dominent Westeros, le continent au centre du récit. Ici, pas d’elfes, d’orques ni de gobelins, mais des humains qui ne croient plus à la magie depuis la disparition des derniers dragons.

Quinze ans après la rébellion qui a mis fin au règne du roi fou Aerys II et à la domination de la dynastie Targaryen sur les Sept Royaumes, le roi Robert Barathéon fait appel à son ami d’enfance Eddard Stark, Lord de Winterfell dans le Nord, pour l’aider à gouverner son royaume après la mort de Jon Arryn, leur mentor et ancien titulaire de la fonction de Main du Roi (un rôle ingrat que l’on pourrait comparer à celui de Premier Ministre). La mort (naturelle ?) de Jon Arryn et le départ d’Eddard Stark pour King’s Landing, la capitale des Sept Royaumes sont le point de départ d’une histoire parfois surprenante et souvent passionnante.

La saga A Song of Ice and Fire a pour particularité de narrer l’histoire à travers le point de vue de différents personnages. Chaque chapitre commence en effet par le nom du personnage qui en sera le narrateur. Dans ce premier roman, on dénombre ainsi le point de vue de 9 personnages qui se partagent 73 chapitres :

- Will, un ranger de la Night’s Watch (Garde de Nuit) que l’on suit uniquement dans le prologue, qui paradoxalement est le chapitre qui contient le plus d’éléments de fantasy classique

- Eddard Stark, Lord de Winterfell, chef droit et honorable de la maison Stark qui domine l’ancien Royaume du Nord désormais intégré dans les Sept Royaumes

- Catelyn Stark, née Tully (une autre maison noble de Westeros), épouse aimante d’Eddard Stark, mère attentive de ses cinq enfants légitimes, et soeur aînée de Lysa Arryn, veuve de Jon Arryn

- Sansa Stark, fille d’Eddard et Catelyn Stark, une demoiselle tout juste âgée de treize ans qui rêve d’amour et chevalerie

- Arya Stark, l’autre fille d’Eddard et Catelyn Stark, un véritable garçon manqué, l’exact contraire de sa grande soeur Sansa

- Bran, deuxième des trois fils d’Eddard et Catelyn, un garçon de sept ans qui veut devenir chevalier et rêve d’aventure en escaladant les tours de Winterfell

- Jon Snow, fils illégitime d’Eddard Stark qui a toujours refuser de révéler l’identité de la mère de l’adolescent

- Tyrion Lannister, un nain, frère de la reine Cersei et fils de Lord Tywin Lannister (l’un des hommes les plus puissants du royaume)

- Daenerys Targaryen, seule survivante de la dynastie Targaryen avec son frère aîné Viserys, exilée dans les Cités Libres, loin de Westeros et de la haine du roi Robert Barathéon

L’alternance entre les différents personnages narrateurs présente à la fois des avantages et des inconvénients : certains chapitres sont moins intéressants que d’autres (selon ce qui s’y passe mais aussi de l’intérêt que l’on a pour tel personnage ou tel autre) mais le récit est bien construit et le suspense habilement mené, jusqu’à un final qui révèle son lot de surprises. Le scénario est très riche et les personnages ont une vraie profondeur à laquelle nous ne sommes pas forcément habitués dans les romans de fantasy.

J’ai particulièrement apprécié les intrigues à la cour entre les différentes familles proches du Trône de Fer, il est très facile de se prendre au jeu et de prendre parti pour telle ou telle faction. A ce petit jeu, je dois avouer avoir un petit faible pour la famille Lannister, de brillants intriguants qui sont un peu présentés comme les “méchants” de l’histoire, même si la notion de “gentils” et de “méchants” n’existe pas vraiment dans l’univers de George R.R. Martin : rien n’y est tout blanc ou tout noir, tout y est gris et nuancé. Hormis Tyrion et Daenerys, tous les narrateurs appartiennent au “clan” Stark, ce qui fait de cette famille les principaux protagonistes de ce roman. Dans les romans suivants, d’autres personnages n’appartenant à la maison Stark vont apparaître et nous faire découvrir d’autres points de vue comme le font déjà merveilleusement les excellents chapitres de Tyrion Lannister dans ce premier épisode.

Autre point fort de ce roman et de la série A Song of Ice and Fire : avec George R.R. Martin, aucun personnage n’est immortel, mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui voudraient découvrir ce roman après lu ce billet.

A Games of Thrones est un excellent roman, une pièce maîtresse dans la bibliothèque d’un amateur de fantasy. Ce n’est que le premier volume d’une série, encore inachevée à ce jour, qui devrait en compter sept : nombreux sont les fans qui maudissent George R.R. Martin pour l’attente insoutenable entre les tomes successifs. L’intérêt de ce premier volet, outre sa qualité intrinsèque, est évidemment de poser les fondations, solides et prometteuses, pour la suite de la saga. Je l’avais découvert il y a quelques années et j’avais été totalement emballé, le situant au niveau du Seigneur des Anneaux. Je l’ai relu trois ou quatre fois depuis et mon plaisir ne s’est pas émoussé. Si vous aimez la fantasy et que vous cherchez une oeuvre passionnante et riche, je vous conseille vivement de vous jeter sur ce roman qui sert des sentiers battus.

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Twilight, la tétralogie de Stephenie Meyer

23 août 2009 1 commentaire
Twilight

Twilight

Twilight est une tétralogie de romans de Stephenie Meyer, populaire principalement chez les adolescentes et les jeunes femmes. Le premier roman a été adapté au cinéma fin 2008, le second le sera en novembre cette année, et nul doute que les deux derniers volumes connaîtront également une version sur grand écran. Twilight se situe dans le genre contemporain-fantastique, c’est-à-dire que l’histoire se déroule dans un univers proche de celui que nous connaissons mais dans lequel existent des créatures surnaturelles, des vampires et des loup-garous pour ne pas les nommer.

Le premier roman, Twilight, est le plus classique et le plus simple – voire simpliste – de la série. Il introduit les deux personnages principaux : Isabella (dite Bella) Swan, une lycéenne de dix-sept ans et Edward Cullen, un bellâtre aussi fascinant que mystérieux. Après le remariage de sa mère, Bella quitte le soleil de Phoenix pour les nuages de Forks, une petite ville dans l’état de Washington. C’est là qu’elle rencontre le beau Edward et son étrange famille. Après un accident qui aurait dû lui être fatal mais dont elle est miraculeusement sauvée grâce l’intervention d’Edward, Bella commence à se poser des questions sur l’étrange garçon auquel elle doit la vie. Elle découvrira finalement qu’Edward est un vampire, tout comme toute sa famille. Evidemment, l’histoire ne serait pas complète si Edward et Bella ne tombaient pas follement amoureux l’un de l’autre. Tout est donc en place pour une histoire d’amour impossible. Ajoutons à cela un méchant vampire qui contrairement à la famille Cullen se nourrit de sang humain, et vous obtenez un livre classique et sans surprise.

Le deuxième roman, New Moon, est le plus lent et le plus “décalé” de la série. Le roman commence par le départ d’Edward et de sa famille après un incident qui a failli coûter la vie de Bella. Commence alors le long et lent récit de la dépression de Bella, qui ne trouvera du réconfort qu’à travers son amitié avec Jacob, un personnage secondaire du premier tome qui gagne un rôle de premier plan à partir de ce deuxième volume. Volontairement ou non, la lenteur de ce roman colle parfaitement à l’état d’esprit de Bella, dont la vie semble figée en l’absence d’Edward. Le roman réserve tout de même son lot de surprises, la principale révélation étant que Jacob Black est un loup-garou, membre d’une “meute” chargée de protéger les hommes des dangereux vampires. Même si certains passages sont à la limite du pathétique, j’ai bien aimé ce tome que j’ai considéré comme un interlude, une lente parenthèse finalement agréable à suivre.

Le troisième roman, Eclipse, est le plus riche et le plus réussi de la série. Après un premier tome un peu naïf qui nous avait plongé dans le monde des vampires, après un deuxième volume un peu plus profond et quasi-entièrement consacré aux loup-garous, ce troisième épisode de la série met en scène l’affrontement de ces deux ennemis héréditaires, personnifié par le duel entre Edward et Jacob pour le coeur de Bella. L’histoire gagne en profondeur, même si cela reste relatif, Twilight restant une série dédiée principalement aux adolescentes. C’est peut-être mon roman préféré de la tétralogie, parce qu’il utilise parfaitement les mythes autour des vampires et des loup-garous et l’antagonisme entre ces deux “familles”, mais aussi parce que les personnages gagnent en complexité, qu’ils deviennent paradoxalement plus humains au fur et à mesure que le surnaturel prend le pas sur les histoires de lycéens du premier volume.

Le quatrième et dernier roman, Breaking Dawn, est le plus spectaculaire et le plus haletant de la série. Il est découpé entre trois grandes parties : la deuxième a la particularité d’avoir Jacob Black comme narrateur (on sent que l’auteur s’est fait plaisir en faisant ainsi parler un personnage dont on suppose qu’elle l’apprécie beaucoup), la première et la troisième étant relatées par Bella, comme les autres romans. L’histoire s’emballe et prend de l’ampleur. L’intensité et le suspense montent progressivement tout au long du roman, avant un dénouement plus touchant que je l’aurais cru. C’est parfois un peu brouillon, notamment à cause de la multitude de personnages qui font leur apparition dans la troisième partie, mais ce dernier roman est plutôt agréable à lire. C’est une conclusion épique, peut-être un peu bâclée, d’une saga globalement sympathique malgré quelques défauts.

Des défauts, il y en a. Le principal étant le côté moralisateur de l’histoire et de l’auteur. Tout au long de la saga, le thème du sexe et de l’abstinence est abordé de façon plus ou moins “métaphorique” avec la soif de sang des vampires et la tentation d’Edward face à Bella. C’est marrant la première fois, lassant les deuxième et troisième fois, et carrément lourd et insistant les fois suivantes … Cela ressemble trop à un plaidoyer pour l’abstinence jusqu’au mariage, et vous comprendrez aisément que ce n’est pas un thème très porteur pour moi :-)

Globalement, la saga Twilight a les défauts de ses qualités : c’est une oeuvre destinée au grand public, donc suffisamment généraliste pour être accessible par n’importe qui. J’aurais apprécié que la mythologie autour des vampires et des loup-garous soit explorée plus en profondeur, au détriment de la romance parfois sirupeuse entre Bella et Edward, dont on aura vite compris qu’ils sont faits l’un pour l’autre, sans que cela soit nécessaire d’être répété vingt fois par tome. Il faut donc lire cette saga sans a priori, sans s’attendre à découvrir un chef d’oeuvre, en accepter les défauts et espérer prendre un peu de plaisir. Malgré mes idées préconçues sur cette série, j’ai réussi à en voir le bout et à en garder quelques bons souvenirs.

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Coups de coeur en vrac

26 avril 2008 2 commentaires

Plus d’un mois d’absence sur ce blog, mais je n’ai évidemment pas été inactif pendant ce laps de temps. Beaucoup de boulot, des journées chargées au bureau, quelques soirées de déprime, de bons moments avec mes proches. Et quelques coups de cœur que je souhaite partager ici :

Skins, une série TV britannique dont j’ai vu les neuf épisodes de la première saison en moins d’une semaine. Je m’attendais à une série pour adolescents dans laquelle j’aurais du mal à me retrouver (après tout, ma propre adolescence commence sérieusement à dater) et j’ai été très agréablement surpris. Les personnages sont attachants, avec bien sûr des chouchous que j’affectionne particulièrement : Cassie et Maxxie. L’écriture et la mise en scène sont excellentes. Un vrai régal du début à la fin.

How I met your mother, une sitcom américaine “à la Friends”. J’ai acheté le coffret DVD de la première saison : trois soirées plus tard, j’avais terminé les vingt-deux épisodes. L’idée de départ de la série est géniale :

En 2030, Ted Mosby raconte à ses deux enfants comment il a rencontré leur mère. Cette narration renvoie le spectateur à notre époque où il suit les aventures de Ted durant sa course au grand amour.

Les personnages sont tous intéressants, drôles et touchants, chacun dans leur style. J’ai passé trois soirées à rire en continu en découvrant la première saison, et j’attends maintenant la deuxième saison avec impatience. Là où Friends m’avait rapidement lassé, How I met your mother soulève vraiment mon enthousiasme. C’est un vrai plaisir de découvrir une comédie de cette qualité !

Michael Tolliver est vivant, septième et dernier volume des Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin. L’auteur américain met un point final à une saga qui m’avait enchanté lorsque je l’avais découverte il y a quelques années. Après les aventures de Mary-Ann, Michael, Mona, Brian et leur logeuse Anna Madrigal dans le San Francisco des années 70 et 80, ce dernier volume s’attache particulièrement à Michael (“Mouse”), désormais quinquagénaire, tiraillé entre sa famille biologique en Floride et sa famille de coeur (sa famille “logique”) à San Francisco. Si l’histoire elle-même est sans surprise et n’est guère passionnante, j’ai retrouvé avec une certaine émotion mon personnage préféré, Mouse. Le temps passe, les personnages changent ou disparaissent, l’humour et l’émotion restent. Une jolie fin pour une série mémorable.

Crime, un roman américain de Meyer Levin découvert par hasard mais qui rejoint la liste restreinte de mes romans préférés. Tiré d’un fait divers qui s’est déroulé dans les années 20, le livre nous raconte l’horrible crime commis par deux jeunes hommes surdoués et leur procès où ils risquent la peine de mort. Les thèmes abordés par l’auteur sont nombreux mais tous traités magistralement : l’amitié, la jeunesse, le crime, la famille, l’homosexualité, la psychanalyse, l’antisémitisme, la justice, la peine de mort. J’ai dévoré les quatre-cent pages de ce roman passionnant. J’ai été marqué par cette histoire, par les personnages, par les mots de l’auteur. Un chef d’œuvre.

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Des amants

27 janvier 2008 Laisser un commentaire

Je ne connaissais pas Daniel Arsand avant de découvrir cette semaine son nouveau roman : Des amants. Je l’ai acheté à la FNAC lundi dernier : en prévision de trois jours en déplacement pour le boulot, je cherchais un peu de lecture pour occuper mes trajets en train et mes soirées à l’hôtel. Le titre m’a intrigué et la quatrième de couverture m’a convaincu :

“Ne nous quittons jamais.

Nous ne nous quitterons jamais.

Comme dans une chanson qui a sans doute déjà été écrite.

Une chanson de rien.

Rien. Un mot qu’affectionne Sébastien.

Rien. Un mot que Balthazar prononce très peu souvent. Le temps n’en est pas encore venu. Mais cela viendra, comme le reste. Et c’est, ce sera quoi, le reste ? Et le reste de quoi ?

Rien. Pas vraiment, se dit Sébastien. Il y a Balthazar. Et il y a l’amour.”

Des amants est un magnifique chant d’amour et d’humanité. A travers l’histoire incandescente de Balthazar et Sébastien, il dénonce l’intolérance de la société, d’hier et d’aujourd’hui.

L’action se déroule en 1749, quarante ans avant la Révolution. Sébastien Faure a quinze ans, c’est un fils de paysan. Balthazar de Créon est un jeune noble. Après une chute de cheval à laquelle Sébastien assiste, Balthazar fait de lui son protégé, son ami, son amant. A Moulins puis à Paris où le roi requiert sa présence, contre l’avis de sa mère, Balthazar ne sépare plus de son compagnon et risque sa réputation et sa vie par amour pour Sébastien. Celui-ci lui sera infidèle, mais l’amour sera toujours là entre eux.

Comment ne pas noter l’étrange similitude avec Un homme accidentel de Philippe Besson ? J’ai lu ces deux romans l’un après l’autre et la ressemblance m’a frappé. Dans les deux livres, nous assistons à une rencontre accidentelle de deux êtres que tout oppose (le flic et l’acteur pour Philippe Besson, le noble et le paysan pour Daniel Arsand). Dans les deux histoires, la passion va isoler les deux hommes du reste du monde et les mener à leur chute.

Les deux romans sont malgré tout différents. Dans Des amants, Daniel Arsand dépeint habilement la folie d’une mère qui perd son fils et le désespoir d’un garçon qui réalise qu’il ne verra plus son compagnon. C’est parfois grandiloquent et mélodramatique, à l’inverse de l’émotion retenue que Philippe Besson parvient à créer dans Un homme accidentel. J’ai apprécié Des amants mais ma préférence va nettement au roman de Philippe Besson. Il ne restera pas dans ma mémoire, peut-être parce qu’il a précédé un roman qui, lui, restera inoubliable à mes yeux.

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Un homme accidentel

26 janvier 2008 5 commentaires

Un homme accidentel est le neuvième roman de Philippe Besson, un auteur que je suis fidèlement depuis la sortie de En l’absence des hommes, peut-être mon livre préféré tous auteurs confondus (seul Le Petit Prince pourrait peut-être rivaliser dans mon coeur).

La quatrième de couverture ne révèle pas grand chose de l’histoire :

“Nous n’aurions jamais dû nous rencontrer.

Seulemement voilà, le hasard nous a mis en présence.

Si on veut bien considérer que la découverte d’un cadavre sur les pelouses impeccables de Beverly Hills est un hasard.”

Deux êtres que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d’un inconnu. Aussitôt, entre ces deux-là, surgit, sans qu’ils s’y attendent et sans qu’ils puissent s’y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge.

A Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse.

Le narrateur est un jeune flic de Los Angeles, heureux en couple avec une charmante épouse qui va bientôt lui donner un enfant. Lors d’une enquête sur la mort d’un prostitué retrouvé mort dans les beaux quartiers, il rencontre Jack Bell, un acteur qui fait la une des journaux après plusieurs succès au grand écran. Entre le jeune premier et le flic consciencieux mais sans envergure, l’improbable se produit : c’est le coup de foudre et le début d’une relation clandestine qui va les mener au fond de l’abysse. Mais avant la chute, il y aura un amour intense, des moments inoubliables de complicité et de bonheur.

Je ne révélerai pas ici tous les détails de l’intrigue, je préfère laisser le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs. Je me contenterai de dire que l’enquête criminelle et l’histoire d’amour s’entremêlent parfaitement dans un récit sans surprise mais passionnant.

Tous les romans de Philippe Besson parlent d’une façon ou d’une autre de la mort ou de l’absence, celui-ci ne fait exception. J’ai déjà cité ici cet extrait sublime sur le manque. C’est aussi un livre sur le hasard, sur le coup de foudre, sur une rencontre improbable donnant vie à un sentiment qui dépasse tout. Qu’importe, peut-être, qu’il s’agisse de deux garçons, c’est une histoire universelle sur une vie qui bascule quand elle en croise une autre. J’ai lu une critique dans la presse qui disait que ce n’est pas un roman sur un homme qui découvre son homosexualité et je partage ce point de vue. C’est une histoire d’amour, peut-être l’une des plus belles jamais écrites.

Ce roman m’a touché comme peu de livres l’ont fait. La dernière fois, c’était peut-être En l’absence des hommes : c’est dire si Un homme accidentel m’a marqué. Philippe Besson a le don de m’émouvoir. Chacun de ses romans éveille quelque chose en moi. Cette fois-ci, c’est très fort. S’il y a une semaine on m’avait demander de choisir un seul roman de Philippe Besson, j’aurais choisi En l’absence des hommes sans hésiter. Aujourd’hui, j’aurais du mal à choisir.

“Nous n’avions pas fini de nous aimer. Non, pas fini de nous aimer. Tout nous a été retiré trop vite. Il nous restait tant à faire. Une vie entière, peut-être. Un amour total, pourquoi ça s’arrêterait ?

J’essaie d’apprendre à vivre sans lui. Chaque jour, j’essaie. Je vous jure que j’essaie. Je n’y arrive pas.”

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Le manque de lui

24 janvier 2008 2 commentaires

Et puis, le manque est arrivé, dans le moment où je m’y attendais le moins, il arrivé alors que j’avais presque fini par croire à mon amnésie. C’est terrible, la morsure du manque. Ca frappe sans prévenir, l’attaque est sournoise tout d’abord, on ressent juste une vive douleur qui disparaît presque dans la foulée, c’est bref, fugace, ça nous plie en deux mais on se redresse aussitôt, on considère que l’attaque est passée, on n’est même pas capable de nommer cette effraction, et pourquoi on la nommerait, on n’a pas eu le temps de s’inquiéter, c’est parti si vite, on se sent déjà beaucoup mieux, on se sent même parfaitement bien, tout de même on garde un souvenir désagréable de cette fraction de seconde, on tente de chasser le souvenir, et on y réussit, la vie continue, le monde nous appelle, l’urgence commande. Et puis, ça revient, le jour d’après, l’attaque est plus longue ou plus violente, on ploie les genoux, on a un méchant rictus, on se dit : quelque chose est à l’oeuvre à l’intérieur, on pense à ces transports au cerveau qui annoncent les tumeurs, qui sont le signal enfin visible de cancers généralisés jusque-là insoupçonnables, on éprouve une sale frayeur, un mauvais pressentiment. Et puis, le mal devient lancinant, il s’installe comme un intrus qu’on n’est pas capable de chasser, il est moins mordant et plus profond, on comprend qu’on ne s’en débarrassera pas, qu’on est foutu. Oui, un jour, le manque est arrivé. Le manque de lui.

Au début, j’ai fait comme si je ne m’en rendais pas compte, le traitant par l’indifférence, par le mépris, je me savais plus fort que lui, j’étais en mesure de le dominer, de l’éliminer, c’était juste une question de volonté ou de temps, je n’étais pas le genre à me laisser abattre par quelque chose d’aussi ténu, d’aussi risible. Et puis, il m’a fallu me rendre à l’évidence : ce match, je n’étais pas en train de le gagner, j’allais peut-être même le perdre, et je ne possédais pas le moyen d’échapper à cette déroute et plus je luttais, plus je cédais du terrain ; plus je niais la réalité, plus elle me sautait au visage. Autant le reconnaître : j’étais dévoré par ça, le manque de lui.

J’étais dans le train ce soir, entre Amiens et Paris, lorsque j’ai lu ces deux paragraphes dans “Un homme accidentel”, le nouveau roman de Philippe Besson (dont je reparlerai sans donc plus longuement prochainement, tant ce livre m’a ému). J’en ai eu le souffle coupé, au propre comme au figuré. Un collègue somnolait dans le siège voisin du mien et n’a heureusement rien vu de mon trouble. S’il avait été éveillé, il m’aurait vu blêmir, il aurait vu mes mains trembler et mon regard défaillir. Il m’aurait vu face à ma propre vérité.

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Pavillon noir

4 novembre 2007 Laisser un commentaire

Pavillon noir est le deuxième roman de Thibaut de Saint-Pol, un jeune écrivain français dont j’avais présenté le premier roman N’oubliez pas de vivre il y a un mois jour pour jour.

Je n’ai jamais été doué pour résumer un roman sans dévoiler l’intrigue. Je vais donc laisser parler l’éditeur :

Cyril est un génie. Le pirate le plus aguerri des temps modernes. Depuis son repaire de Marchenoir, il sillonne nuit et jour un océan infini, pillant les ordinateurs désarmés, envoyant par le tond les programmes de ses rivaux. Sa course est une guerre impitoyable, mais Cyril, sûr de sa puissance, s’apprête à semer le chaos. A l’échelle planétaire.

Mais d’où viennent les voix qu’il entend derrière sa porte, cette impression d’être épié ? Et cette présence féminine ? Quelqu’un menacerait-il de faire échouer le grand projet qui est le sien ?

Pour le pirate informatique, la mer la plus hostile et la plus mystérieuse n’est peut-être pas celle qu’il écume à bord de son ordinateur.

J’ai eu du mal à entrer dans ce livre. Je l’ai commencé il y a un mois, après avoir terminé N’oubliez pas de vivre. J’ai lu laborieusement les cent premières pages, à un rythme inhabituellement lent pour moi. Le matin et le soir dans les transports en commun, je choisissais souvent écouter de la musique sur mon iPod plutôt que de sortir ce livre pour avancer dans sa lecture. Il est resté ainsi pendant presque trois semaines sans sortir de mon sac.

Je l’ai finalement resorti cette semaine et quelques pages plus tard, c’était le déclic : j’ai dévoré la suite toute la semaine, passionné par ce que lisais. Je ne sais pas si c’est mon humeur qui était différente et propice à la lecture ou si l’histoire est devenue intéressante à ce moment précis du récit, mais l’effet est impressionnant.

C’est un très beau roman sur le piratage informatique et sur la folie. Le personnage principal est attachant et la fin recèle quelques surprises, ce que j’apprécie toujours dans un roman.

C’est le deuxième roman de Thibaut de Saint-Pol et il me plait autant que le premier. Je crois que je vais suivre de près les prochaines publications de cet auteur prometteur, comme je l’avais fait il y a quelque années pour Philippe Besson (même si les deux premiers romans de Thibaut de Saint-Pol m’ont tout de même moins marqué que l’avait fait En l’absence des hommes à l’époque).

A visiter : le site officiel de Thibaut de Saint-Pol

Pavillon noir, Thibaut de Saint-Pol
Plon, ISBN 2259205925

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Dumbledore is gay !

21 octobre 2007 2 commentaires

Attention : Spoilers Harry Potter 7

J’ai cru à un poisson d’avril prématuré quand j’ai lu cet article :

J. K. Rowling at Carnegie Hall Reveals Dumbledore is Gay

La partie “intéressante” est celle-ci :

Did Dumbledore, who believed in the prevailing power of love, ever fall in love himself ?

My truthful answer to you … I always thought of Dumbledore as gay. [ovation] … Dumbledore fell in love with Grindelwald, and that that added to his horror when Grindelwald showed himself to be what he was.

[...]

In fact, recently I was in a script read through for the sixth film, and they had Dumbledore saying a line to Harry early in the script saying I knew a girl once, whose hair… [laughter]. I had to write a little note in the margin and slide it along to the scriptwriter, “Dumbledore’s gay!” [laughter]

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Un roi sans lendemain

11 octobre 2007 1 commentaire

J’ai acheté Un roi sans lendemain après avoir lu une critique dans le numéro spécial “rentrée littéraire” du magazine Lire. Il s’agit d’un roman de Christophe Donner consacré à la vie de Louis XVII, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

L’auteur prend pour prétexte l’écriture d’un scénario de film puis d’un roman par un écrivain de notre époque pour raconter la vie et la mort de l’héritier du Trône de France pendant la Révolution. Mais, pour faire écho à une phrase qui apparait deux fois dans le roman, comment écrire un livre sur Louis XVII sans écrire un livre sur son assassin ? Cet assassin, qui n’a pas tué de ses mains mais qui aurait assassiné l’enfant grâce à son influence sur le peuple de Paris, ce serait Jacques-René Hébert, un écrivain très populaire chez les sans-culottes et auteur du Père Duchène, le journal le plus connu de la Révolution Française. Après une première partie qui raconte le début des recherches de Henri Norden, l’écrivain qui sert de prétexte à l’auteur pour la suite du récit, le roman mêle la vie de Louis XVII et de Hébert, jusqu’à leurs morts respectives.

C’est un roman captivant qui permet de découvrir une histoire méconnue. Je ne sais pas exactement quelle est la part de fiction dans le récit de Christophe Donner, mais j’ai été passionné et la lecture de ce roman m’a donné envie d’en apprendre plus sur Louis XVII. J’ai ainsi commandé un roman intitulé La chambre dans lequel Françoise Chandernagor raconte la captivité de l’enfant du Temple, ainsi que L’Affaire Louis XVII de Philippe Delorme, un historien à l’origine des recherches ADN visant à prouver que le coeur conservé depuis la fin du XVIIIème siècle est bien celui de Louis XVII. Je vais également sortir de ma pile de livres à lire le célèbre Marie-Antoinette de Stefan Zweig, qui m’attend depuis de longs mois.

Un roi sans lendemain, Christophe Donner
Grasset, 2007, ISBN 2246625815

N’oubliez pas de vivre

4 octobre 2007 1 commentaire

N’oubliez pas de vivre est un roman publié en 2004 chez Albin Michel. J’ai découvert son auteur, Thibaut de Saint-Pol, grâce à un billet d’Ikare concernant son dernier roman, Pavillon Noir.

La quatrième de couverture présente très bien le livre :

L’enfer des prépas. Travailler, exceller jusqu’à “oublier de vivre”. Apprendre à tout connaître et ne plus rien savoir. De soi ni des autres.

Pensionnaire pendant ses deux années d’hypokhâgne et de khâgne dans un lycée de la banlieue parisienne, un jeune homme découvre avec stupéfaction les rouages d’un monde à part. Comme un enfant pris au piège, il cherche secrètement à rompre l’isolement. Un mot, un geste, un regard échangé avec Quentin, et c’est le début d’une amitié inavouable. Dans les couloirs des classes préparatoires, là où se forme l’élite de la nation, la souffrance est silencieuse.

Un premier roman d’apprentissage, d’angoisse et de douleur, qui révèle le talent et le style remarquables d’un nouvel auteur.

Je n’ai pas été élève en classes préparatoires aux grandes écoles, je ne saurai donc dire si le tableau dressé par l’auteur reflète fidèlement la réalité. Par contre, j’ai apprécié de le fait de pouvoir entrer facilement dans ce “monde” grâce aux explications finement distillées par le narrateur. J’avais peur de plonger dans un livre écrit par un ancien élève de prépa pour d’anciens élèves de prépa mais ce n’est pas le cas.

C’est un récit fort qui semble refléter l’ambiance particulière des classes préparatoires. Le dénouement m’a surpris sans vraiment me surprendre. En fait, a posteriori, je me dis que tout allait dans cette direction mais sur le coup j’ai véritablement été choqué par la tournure prise par les événements finaux.

Mon premier contact avec un roman de Thibaut de Saint-Pol est très positif ; Pavillon Noir m’attend déjà pour poursuivre ma découvert de cet auteur.

N’oubliez pas de vivre, Thibaut de Saint-Pol
Albin Michel, ISBN 2226153969

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