Star Trek (2009)

8 novembre 2009 1 commentaire
Star Trek (2009)

Star Trek (2009)

Sorti en mai 2009 sur nos écrans, Star Trek (sous-titré The Future Begins) est le onzième film de la franchise créée en 1966 par Gene Roddenberry. Réalisé par J.J. Abrams, il revient aux origines de la série et nous fait découvrir les débuts de l’équipage classique de l’U.S.S. Enterprise :

  • James T. Kirk (incarné par le très sexy Chris Pine), jeune officier de Starfleet, courageux, impulsif, un peu rebelle, et futur capitaine de l’Enterprise
  • Spock (Zachary Quinto, que j’ai eu du mal à imaginer autrement qu’en Sylar dans Heroes), né d’un père vulcain et d’une mère humaine, guidé par la logique, mais aussi orgueilleux et parfois arrogant
  • le docteur Leonard McCoy (Karl Urban, surtout connu jusque là pour son rôle d’Eomer dans la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson), à la fois passionné, humaniste et ronchon
  • Nyota Uhura (Zoe Saldana), une xenolinguiste aussi brillante que charmante, servant comme officier en communications à bord de l’Enterprise
  • Montgomerry “Scotty” Scott (Simon Pegg) , un ingénieur talentueux et un peu fou, grand maître de la salle des machines de l’Enterprise
  • Hikaru Sulu (John Cho), jeune pilote discret de l’Enterprise
  • Pavel Chekov (le craquant Anton Yelchin), le naïf et très jeune officier dont les talent en mathématiques seront bien utiles à l’équipage

On notera également au générique Leonard Nimoy (interprète original de Spock dans la série), Bruce Greenwood (qui incarne Christopher Pike, le premier capitaine de l’Enterprise), Sigourney Weaver dans le rôle de la mère humaine de Spock, et Eric Bana dans celui de Nero, le “méchant” du film.

J’avais beaucoup aimé ce film lors de sa sortie au cinéma et je l’ai revu en DVD avec beaucoup de plaisir cet après-midi. C’est d’abord un film de science-fiction très réussi ; je retiens notamment la scène où on découvre pour la première fois l’U.S.S. Enterprise, le vaisseau lui-même étant sublime. Le scénario lui-même n’est guère original (une histoire classique de voyage dans le temps avec un méchant romulien rebelle qui veut se venger de Spock) mais on y trouve tout ce que j’aime dans un film de SF : de l’action (spectaculaire), de la technologie avancée (l’Enterprise bien sûr, le vaisseau romulien, la navette de Spock, mais aussi la moto volante du policier au début du film), de l’humour (les blagues sur l’accent russe de Pavel Chekov m’ont particulièrement fait rire), de l’émotion (qui dire de la fin de la scène d’ouverture ?).

Je ne sais pas ce qu’en pensent les trekkies les plus fidèles mais je trouve que c’est aussi une très bonne relance de la franchise Star Trek, un retour aux sources très réussi. C’est un vrai plaisir d’assister à la rencontre entre Kirk, Spock, McCoy et tous les autres membres de l’équipage de l’Enterprise et de les voir prendre progressivement leurs rôles à bord du vaisseau. En bref, une préquelle qui donne envie de (re)plonger dans la série homonyme.

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, , ,

A Game of Thrones (Le Trône de Fer 1-2)

3 novembre 2009 Laisser un commentaire
A Game of Thrones

A Game of Thrones

A Game of Thrones est le premier volume de la saga “A Song of Ice and Fire” de l’auteur américain George R.R. Martin. Paru en 1996, ce roman a apporté un peu de sang neuf et un souffle nouveau dans le monde de la fantasy. Certains y voient même une véritable révolution, je me contenterais de parler de renouvellement bienvenu et très réussi pour un genre parfois convenu et insipide.

En français, le premier tome A Game of Thrones a été traduit en deux volumes distincts intitulés “Le Trône de Fer” et “Le Donjon Rouge”, c’est pourquoi j’ai sous-titré mon billet par “Le Trône de Fer 1-2″. J’ai découvert cette saga en français, je crois avoir lu en VF les 5 premiers volumes, qui correspondent aux 2 premiers tomes en VO : A Game of Thrones dont je parle dans ce billet et A Clash of Kings que je relis actuellement et dont je parlerai ici prochainement. Depuis, j’ai recommencé ma lecture de la saga en VO et j’ai relu plusieurs fois les 4 tomes parus à ce jour : je connais donc mieux les termes VO qu’en VF, ce sont donc ceux-là que j’utiliserai dans ce billet si je ne me souviens pas de leur traduction dans la version française.

L’action de A Game of Thrones se déroule dans un monde médiéval-fantastique mais la dimension fantastique y est très discrète, au profit des intrigues entre les différentes factions qui dominent Westeros, le continent au centre du récit. Ici, pas d’elfes, d’orques ni de gobelins, mais des humains qui ne croient plus à la magie depuis la disparition des derniers dragons.

Quinze ans après la rébellion qui a mis fin au règne du roi fou Aerys II et à la domination de la dynastie Targaryen sur les Sept Royaumes, le roi Robert Barathéon fait appel à son ami d’enfance Eddard Stark, Lord de Winterfell dans le Nord, pour l’aider à gouverner son royaume après la mort de Jon Arryn, leur mentor et ancien titulaire de la fonction de Main du Roi (un rôle ingrat que l’on pourrait comparer à celui de Premier Ministre). La mort (naturelle ?) de Jon Arryn et le départ d’Eddard Stark pour King’s Landing, la capitale des Sept Royaumes sont le point de départ d’une histoire parfois surprenante et souvent passionnante.

La saga A Song of Ice and Fire a pour particularité de narrer l’histoire à travers le point de vue de différents personnages. Chaque chapitre commence en effet par le nom du personnage qui en sera le narrateur. Dans ce premier roman, on dénombre ainsi le point de vue de 9 personnages qui se partagent 73 chapitres :

- Will, un ranger de la Night’s Watch (Garde de Nuit) que l’on suit uniquement dans le prologue, qui paradoxalement est le chapitre qui contient le plus d’éléments de fantasy classique

- Eddard Stark, Lord de Winterfell, chef droit et honorable de la maison Stark qui domine l’ancien Royaume du Nord désormais intégré dans les Sept Royaumes

- Catelyn Stark, née Tully (une autre maison noble de Westeros), épouse aimante d’Eddard Stark, mère attentive de ses cinq enfants légitimes, et soeur aînée de Lysa Arryn, veuve de Jon Arryn

- Sansa Stark, fille d’Eddard et Catelyn Stark, une demoiselle tout juste âgée de treize ans qui rêve d’amour et chevalerie

- Arya Stark, l’autre fille d’Eddard et Catelyn Stark, un véritable garçon manqué, l’exact contraire de sa grande soeur Sansa

- Bran, deuxième des trois fils d’Eddard et Catelyn, un garçon de sept ans qui veut devenir chevalier et rêve d’aventure en escaladant les tours de Winterfell

- Jon Snow, fils illégitime d’Eddard Stark qui a toujours refuser de révéler l’identité de la mère de l’adolescent

- Tyrion Lannister, un nain, frère de la reine Cersei et fils de Lord Tywin Lannister (l’un des hommes les plus puissants du royaume)

- Daenerys Targaryen, seule survivante de la dynastie Targaryen avec son frère aîné Viserys, exilée dans les Cités Libres, loin de Westeros et de la haine du roi Robert Barathéon

L’alternance entre les différents personnages narrateurs présente à la fois des avantages et des inconvénients : certains chapitres sont moins intéressants que d’autres (selon ce qui s’y passe mais aussi de l’intérêt que l’on a pour tel personnage ou tel autre) mais le récit est bien construit et le suspense habilement mené, jusqu’à un final qui révèle son lot de surprises. Le scénario est très riche et les personnages ont une vraie profondeur à laquelle nous ne sommes pas forcément habitués dans les romans de fantasy.

J’ai particulièrement apprécié les intrigues à la cour entre les différentes familles proches du Trône de Fer, il est très facile de se prendre au jeu et de prendre parti pour telle ou telle faction. A ce petit jeu, je dois avouer avoir un petit faible pour la famille Lannister, de brillants intriguants qui sont un peu présentés comme les “méchants” de l’histoire, même si la notion de “gentils” et de “méchants” n’existe pas vraiment dans l’univers de George R.R. Martin : rien n’y est tout blanc ou tout noir, tout y est gris et nuancé. Hormis Tyrion et Daenerys, tous les narrateurs appartiennent au “clan” Stark, ce qui fait de cette famille les principaux protagonistes de ce roman. Dans les romans suivants, d’autres personnages n’appartenant à la maison Stark vont apparaître et nous faire découvrir d’autres points de vue comme le font déjà merveilleusement les excellents chapitres de Tyrion Lannister dans ce premier épisode.

Autre point fort de ce roman et de la série A Song of Ice and Fire : avec George R.R. Martin, aucun personnage n’est immortel, mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui voudraient découvrir ce roman après lu ce billet.

A Games of Thrones est un excellent roman, une pièce maîtresse dans la bibliothèque d’un amateur de fantasy. Ce n’est que le premier volume d’une série, encore inachevée à ce jour, qui devrait en compter sept : nombreux sont les fans qui maudissent George R.R. Martin pour l’attente insoutenable entre les tomes successifs. L’intérêt de ce premier volet, outre sa qualité intrinsèque, est évidemment de poser les fondations, solides et prometteuses, pour la suite de la saga. Je l’avais découvert il y a quelques années et j’avais été totalement emballé, le situant au niveau du Seigneur des Anneaux. Je l’ai relu trois ou quatre fois depuis et mon plaisir ne s’est pas émoussé. Si vous aimez la fantasy et que vous cherchez une oeuvre passionnante et riche, je vous conseille vivement de vous jeter sur ce roman qui sert des sentiers battus.

Catégories:Livres & Romans Mots-clefs :, , ,

Fantasme(s)

3 novembre 2009 1 commentaire

Voir son fantasme s’approcher, en être si proche, le toucher presque du bout des doigts, hésiter l’espace de quelques secondes, et le voir s’éloigner. C’est ce qui vient de m’arriver. C’est à la fois enivrant et douloureux.

C’est enivrant d’être emporté ainsi par le désir.

Comme une folle tempête enfantée par les brises légères accumulées au fil du temps. Comme la faim et la soif réunies face à un plateau trop appétissant. Comme un aimant attiré qui ne peut résister au métal. Comme un feu qui ne veut pas s’éteindre. Comme un alcoolique repenti face à un verre de whisky. Comme un homme seul emporté par la foule. Comme un somnambule qui ne peut empêcher ses mouvements nocturnes. Comme un vampire attiré par le sang de sa victime, un loup-garou luttant contre sa rage intérieure. Comme une voie à sens unique où tout demi-tour semble impossible. Comme une marionnette manipulée par des fils invisibles.

Comme un rêve qui devient réalité, un fantasme qui prend forme humaine, une silhouette floue qui trouve un visage. Comme une envie irrésistible, une pulsion incontrôlable, une tentation inavouable. Comme un frisson en pleine fièvre.

C’est douloureux quand le désir devient soudain impossible à assouvir.

Comme une porte qui se referme violemment. Comme une averse au milieu d’une journée ensoleillée. Comme un ordinateur qui plante en plein milieu d’une sauvegarde. Comme un train qui déraille à pleine vitesse. Comme un tourne-disque dont le bras dérape et raye le vinyle. Comme un pilote qui perd le contrôle de son véhicule en plein virage. Comme un téléphone qui sonne au moment où on allait sombrer dans le sommeil. Comme un cliffhanger jamais résolu. Comme un coup de revolver en pleine nuit. Comme un mur de briques érigé en quelques secondes.

Comme un rêve interrompu au moment crucial que l’on est condamné à revivre chaque nuit à l’identique. Comme une silhouette qui se détourne et s’éloigne. Comme une occasion impossible à oublier.

Comme un fantasme inassouvi.

Comme ce garçon au corps angélique, au visage démoniaque et au regard troublant.

Catégories:Ego Trip Mots-clefs :, ,

Sondage sur QAF US

1 novembre 2009 Laisser un commentaire

J’essaye la fonctionnalité de sondage proposée par WordPress avec un premier (et dernier ?) sondage sur la série Queer As Folk (version américaine).

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, , , ,

The 4400, saison 4

1 novembre 2009 4 commentaires
The 4400, saison 4

The 4400, saison 4

Il m’aura fallu beaucoup de temps pour regarder la quatrième et dernière saison de The 4400. En effet, cette saison est à l’image de la série : riche en idées géniales, mais malheureusement pauvre dans la façon de les mettre en action. Pire, on bascule franchement dans la grande n’importe quoi à la fin de la saison ; si je n’avais pas été si proche de la fin de la série, je ne sais pas si j’aurais été jusqu’au bout. Il n’y a que les cinq dernières minutes de la saison qui m’ont vraiment fait regretter de ne pas avoir droit à une cinquième saison.

Cette série restera pour moi une longue série de déceptions : très prometteuse dans son scénario original, elle m’a d’abord déçu lors du pilote puis tout au long des quatre saisons. Bien sûr, tout n’est pas à jeter, je n’ai pas subi ces quatre saisons sans y trouver un minimum d’intérêt. J’ai adoré le personnage de Dennis Ryland, ainsi que Jordan Collier dans les deux premières saisons. Par contre, je n’ai jamais pu supporter Tom Baldwin, stéréotype tiré d’une série policière des années 80. Certains passages étaient très réussis mais je garde tout de même le souvenir de quelques épisodes franchement ennuyants et dispensables.

Finalement, j’en arrive à me dire que l’idée géniale de départ n’aurait pas dû être étirée ainsi sur quatre saisons et au contraire être développée dans le cadre d’une mini-série de sept ou huit épisodes. Cela aurait pu être un chef d’oeuvre. Là, nous n’avons qu’une série médiocre qui n’a pas su exploiter la promesse du scénario initial et les quelques pépites qui la jalonnent au fil des saisons.

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, , ,

Queer as Folk (US), saison 1

21 septembre 2009 3 commentaires
Queer As Folk (US), saison 1

Queer as Folk (US), saison 1

J’ai toujours dit que je préférais la version UK de Queer as Folk, que la copie américaine n’égalerait jamais l’original de Channel 4. J’ai souvent dit que l’exaspérant Michael Novotny n’aura jamais l’humour de Vince Tyler, que nous aurions beaucoup à gagner si le soporifique Ted Schmidt avait connu le même destin que Phil Delaney, et que le fade Justin Taylor n’aura jamais le charme de Nathan Maloney.

Pourtant, à chaque fois que je revois le dernier épisode de la première saison de Queer As Folk je me dis que cette version américaine a tout de même des qualités. La principale étant de réussir à m’émouvoir avec la fameuse scène du bal de promo sur Save the last dance for me.

L’autre qualité, plus anecdotique, étant la jolie trombine de Blake ;-)

Blake

Blake

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, , ,

District 9

20 septembre 2009 3 commentaires
District 9

District 9

Vous m’excuserez certainement pour ce mauvais jeu de mots, mais District 9 est un OVNI cinématographique, produit par Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux, King Kong) et réalisé par Neill Blonkamp dont il s’agit du premier long-métrage. Je suis allé voir ce film, poussé par quelques critiques positives par-ci et par-là et par le synopsis original :

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire. Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9 …

Le cadre de ce long-métrage est donc une uchronie dans laquelle l’Histoire a divergé il y a vingt ans, quand le vaisseau extra-terrestre s’est immobilisé au-dessus de Johannesburg. La première partie du film est excellente : elle nous présente ce cadre original et la mise en scène sous la forme de reportages TV se prête parfaitement à l’exercice. On y découvre une ville de Johannesburg meurtrie par le rejet des extra-terrestres, on visite avec stupeur le fameux District 9 qui ressemble tant aux bidons-villes qui existent malheureusement dans notre réalité. Il est évidemment impossible de ne pas faire le lien entre le traitement des “crevettes” (c’est ainsi que sont surnommés les extra-terrestres dans le film) et la politique d’apartheid appliquée en Afrique-du-Sud de 1948 à 1991. Cette première partie est donc une formidable leçon d’Histoire et d’humanisme, comme c’est souvent le cas avec la science-fiction.

La suite est malheureusement moins réussie, quand l’action prend le pas sur le panorama socio-politique. Les excès de violence et d’hémoglobine ont toujours le même effet sur moi : l’ennui. La destinée du protagoniste principal ne m’a pas franchement intéressé, tant ce personnage m’a semblé antipathique puis ennuyant. Comble du ridicule : les dix minutes pendant lesquelles le “héros” prend le contrôle d’un simili-robot surpuissant, j’y ai plus vu l’assouvissement d’un fantasme du réalisateur qu’un élément déterminant pour le scénario. Entre deux membres arrachés et deux têtes explosées, j’ai tout de même apprécié certains moments plus agréables que d’autres, mais sans jamais retrouver l’intérêt du début. Si je dois retenir un point positif de cette deuxième partie, c’est la capacité du scénariste et du réalisateur à “humaniser” les extraterrestres : dans les dernières minutes du film, je crois que toute la salle se retrouve du côté des “crevettes” contre les méchants humains qui les agressent. Sacré tour de force compte-tenu de la laideur de ces créatures !

En sortant, le bilan était donc mi-figue mi-raisin : emballé par le début, j’ai  finalement été déçu même si le film s’achève sur une touche poétique qui n’est pas désagréable. J’ai un peu l’impression d’avoir vu deux films en un, l’un très fort, l’autre moins intéressant, et je ne sais pas vraiment lequel l’emporte sur l’autre. A revoir, peut-être, lors de sa sortie en DVD pour savoir ce que j’en retiens finalement.

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, ,

The September Issue

19 septembre 2009 3 commentaires
The September Issue

The September Issue

The September Issue est un documentaire de R.J. Cutler sur Anna Wintour, la rédactrice en chef du célèbre magazine Vogue. On y suit la préparation du numéro de septembre 2007 du magazine par toute la rédaction sous l’oeil d’Anna.

N’étant pas passionné de mode, rien ne me prédestinait à aller voir ce film au cinéma. Mon seul lien avec ce milieu consiste à apprécier Ugly Betty et c’est justement cette série qui m’a poussé à aller voir The September Issue, car j’avais lu que le personnage (défunt) de Fey Sommers dans la série est inspiré d’Anna Wintour. Effectivement, le look de Fey Sommers dans les quelques images d’archives de la série ressemble beaucoup à celui de son modèle vivant (la coupe de cheveux et les lunettes noires, notamment).

Je suis donc allé au cinéma cet après-midi sans a priori, pour découvrir cette femme influente et son équipe. J’ai passé un excellent moment ; c’est suffisamment rare pour être signalé : je ne me suis pas ennuyé une seule seconde pendant l’heure et demie qu’a duré le film. J’ai appris pas mal de choses sur la façon dont est conçu un magazine de mode, par exemple que la rédaction commence à préparer le numéro de septembre cinq mois avant sa parution. J’ai surtout découvert deux femmes incroyables : Anna Wintour bien sûr, mais aussi Grace Coddington, une rédactrice qui est en quelque sorte la deuxième star du documentaire.

Anna Wintour est une reine toute-puissante, despotique, dont l’opinion compte plus que tout autre dans le milieu de la mode ; un “oui” de sa part est c’est le succès assuré, un “non” est c’est la fin du monde pour un créateur ou une rédactrice. J’ai toujours été à la fois impressionné, fasciné et troublé par la façon dont certains individus ont une telle influence sur des milliers voire des millions de personnes et Anna fait partie de ces personnes qui ont un tel pouvoir. La mode est sa vie, elle est élitiste dans son métier mais on sent quand elle parle de ses frères (qui travaillent dans l’humanitaire ou dans le journalisme politique) qu’elle a un peu (mais pas trop) honte de la futilité de ce milieu et de sa profession. C’est LE moment du film où sa carapace de grande prêtresse glaciale craque et qu’elle devient émouvante.

Grace Coddington est une ancienne mannequin qui a réussi une magnifique reconversion comme rédactrice ; je n’y connais pas grand chose mais j’ai l’impression qu’elle a un réel talent pour composer les photos, choisir les décors et les tenues. Ce documentaire la présente en quelque sorte comme l’âme de Vogue, avec Anna Wintour. Il y a quarante ans, c’était une femme splendide qui posait pour les couvertures des plus grands magazines. Aujourd’hui elle a perdu ses atours et on sent beaucoup de nostalgie dans son regard et ses propos. C’est sans doute le “personnage” le plus touchant de ce documentaire.

Les relations ambiguës entre ces deux femmes différentes est peut-être ce qui m’a le plus plu dans le film : Grace se sent parfois humiliée par la façon dont Anna rejette ses idées mais toutes deux ont finalement beaucoup de respect l’une pour l’autre. J’ai aimé entendre chacune dire que la principale qualité de l’autre est de “sentir” la direction que va prendre la mode et d’anticiper les changements, qualité que Grace ne se reconnaît d’ailleurs pas, elle répète plusieurs fois qu’elle a du mal à mettre de côté le passé. C’était une belle coïncidence qui m’a montré que malgré les inévitables tensions chacune reconnaît le talent de l’autre.

Le reste du film est également agréable et souvent drôle. Que penser par exemple de ce collaborateur d’Anna Wintour dont j’ai oublié le nom (Mario ?) qui est pour moi le prototype du lèche-cul qui ne donne jamais son avis personnel et se contente de dire “oui” à tout ce que dit sa patronne. Je crois que c’est Grace qui dit d’ailleurs dans le film “Il n’a pas dit ce qu’il en pensait, de peur de commettre une erreur”, sous-entendu : de peur qu’Anna ne soit pas du même avis.

J’ai donc passé un excellent moment en regardant ce documentaire passionnant et fascinant. Je le conseille à tous ceux qui apprécient les personnages plus complexes qu’ils en ont l’air, passionnés de mode ou non. C’est sans doute un portrait des relations humaines plus réussi et juste que certains films “d’auteurs” sortis récemment (qui a parlé d’endives braisées ?).

Catégories:Cinéma, TV & DVD Mots-clefs :, , ,

Un coeur sauvage

14 septembre 2009 Laisser un commentaire
Un coeur sauvage

Un coeur sauvage

Pour occuper cette longue soirée dans la chambre d’hôtel où je me retrouve pour cette nouvelle semaine en déplacement, j’ai regardé Un coeur sauvage, une pièce de théâtre de Christophe Botti, jouée au Tango et éditée en DVD en 2005 par Antiprod. J’avais déjà regardé ce DVD il y a quelques mois et j’avais envie de le revoir depuis ce week-end, je l’avais donc glissé dans ma valise pour cette semaine.

A 17 ans, Mathan trouve qu’il est douloureux d’être soi, douloureux aussi de tomber amoureux, surtout quand cet amour ne ressemble pas aux autres. Entre deux étés, aux côtés de ses amis François et Virginie, il lui faudra découvrir ses désirs, affronter l’homophobie et surmonter sa peur de ne pas être accepté tel qu’il est.

Que dire pour vous donner envie de voir cette pièce sans en raconter tout en détail ? Les dialogues manquent un peu de maturité et sonnent faux à certains moments, la mise en scène est parfois excessive et maladroite, mais la pièce est globalement drôle et touchante. C’est un portrait réussi de trois adolescents : Edouard Collin est irrésistiblement craquant dans le rôle de Mathan ; dans un autre style, Julien Alluguette est très charmant lui aussi dans celui de François ; quant à Violaine Brebion, elle incarne avec beaucoup de justesse une adolescente mi-ingénue, mi-émouvante. On  y parle de l’adolescence, de l’homosexualité et de l’homophobie, de l’amour et de l’amitié en général. Il y a des moments mignons, gentillets, d’autres sont drôles, il y a aussi des scènes très fortes. La pièce comporte également deux passages chantés : Edouard Collin n’a sans doute pas une grande voix et une technique de chant parfaite, mais on pardonne tout à cette gueule d’ange et ces passages sont finalement plutôt agréables.

Bref, je suis passé du rire à l’émotion tout au long de la pièce et j’ai passé un bon moment en la revoyant.

Juste une question d’amour

13 septembre 2009 2 commentaires
Juste une question d'amour

Juste une question d'amour

Décidément ! Peu de temps après avoir redécouvert avec plaisir la version anglaise de Queer As Folk, je continue bien involontairement un cycle sur l’histoire de l’homosexualité à la télévision avec Juste une question d’amour, un téléfilm qui a fait beaucoup pour la visibilité de l’homosexualité en France. Diffusé en prime-time par France 2 en janvier 2000, ce fut l’un des premiers téléfilms (si ce n’est le premier ?) à aborder ouvertement le thème de l’homosexualité à une heure de grande écoute et à trouver son public, avec plus de 6 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion.

On y suit l’histoire d’amour entre Laurent, étudiant en lycée agricole, et Cédric, son jeune maître de stage, ainsi que les relations entre Laurent et ses parents avant et après la révélation de son homosexualité. Le scénario est à la fois banal et plein de finesse, il évite les excès de bons sentiments qu’on retrouve parfois dans ce genre d’histoires, tout en abordant avec subtilité les thèmes de l’acceptation de soi, du coming-out et de l’homophobie. C’est une belle histoire, très bien servie par des comédiens de talent : le très mignon Cyrille Thouvenin dans le rôle de Laurent, le charmant Stephan Guerin Tillié dans celui de Cédric, et surtout l’excellente Eva Darlan, formidable dans le rôle d’Eva, la mère de Cédric.

Presque dix ans après sa première diffusion, ce téléfilm n’a pas pris une ride : j’ai pris beaucoup de plaisir à le revoir ce soir, j’ai été touché par l’histoire et les personnages comme la première fois. C’est un très bon film qui réussit à faire réfléchir sur des thèmes difficiles sans tomber dans la facilité. Une oeuvre à conseiller à tous les jeunes gens qui se posent des questions sur leur sexualité, et à leurs parents.